Pourquoi partir en pole position n'est pas si important au Mans

Calife à la place des qualifs Les essais des pilotes permettant de leur attribuer leurs places sur la grille de départ ne sont pas déterminants pour la course...

Thierry Weber

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Les deux Porsche prendront le départ en tête au Mans cette année, comme l'année dernière où elles ont remporté la course.
Les deux Porsche prendront le départ en tête au Mans cette année, comme l'année dernière où elles ont remporté la course. — D. Vincent/AP/Sipa

Comme l'année dernière, Porsche partira en premier à la célèbre course sarthoise. Lors des essais qualificatifs du jeudi 16 juin 2016, l’équipe Romain Dumas, Neel Jani et Marc Lieb termine en tête avec un tour à 3’19"733 malgré la pluie. Ils sont suivis de près par la deuxième voiture Porsche, conduite par Mark Webber, Timo Bernhard et Brendon Hartley. Bonne nouvelle pour les fans de la marque. Mais aux 24 Heures du Mans, la pole position, les pilotes n’en ont rien à faire.


Les pilotes de la voiture numéro 2 de Porsche prendront donc le départ au niveau de la corde près du poteau, ou «pole» intérieur de la piste (oui l’expression pole position vient de là). Super ! En catégorie Le Mans prototype 2 (LMP2), Alpine réalise un doublet sur le podium, en deux et troisième position. Seulement voilà, d’après Nelson Panciatici, au volant de l’Alpine la plus rapide, partir bien placé, «ce n’est vraiment pas primordial».

«Même pas 1% de la course»

Pour Nicolas Lapierre comme d'autres pilotes, être bien placé sur la grille de départ ne revêt pas une importance particulière au Mans.
Pour Nicolas Lapierre comme d'autres pilotes, être bien placé sur la grille de départ ne revêt pas une importance particulière au Mans. - © T. Weill/20 Minutes

Nicolas Lapierre, qui conduit l’autre Alpine semble partager son avis. «Ce n’est jamais un gros avantage de partir en pole position. Ça aide un peu, il y a moins d’accrochage sur le premier tour, mais c’est plus pour le mental de l’équipe.» Même Mark Webber, le célèbre ancien pilote Australien de formule 1 reconverti en endurance le dit. «C’est agréable d’obtenir ce résultat, mais nous savons que cela ne fait même pas 1% de la course.»

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Même son de cloche chez le responsable de l’équipe Porsche, Andreas Seidl, qui relativise. «Nous sommes conscients qu’une pole position, spécialement au Mans, ne signifie pas grand-chose pour nous amener à une victoire dimanche». Tout de même un peu plus désabusé par ses résultats (9e des LMP2), Paul-Loup Chatin, co-pilote de Fabien Barthez et Timothé Buret, estime quant à lui (mais avec le sourire), que la pole position, «c’est bien surtout pour les médias». Oups, démasqués, nous plaidons coupable.

Dernier moment pour régler la voiture

Reste que si les pilotes ne cherchent pas à tout prix une pole position au Mans, cela peut avoir des avantages ailleurs. «Pour des courses de 6 heures partir premier a beaucoup plus d’importance. Il y a moins de lignes droites, c’est plus délicat de doubler. Si tu perds une minute au départ, revenir devient plus compliqué», commente Nicolas Lapierre. Les essais qualificatifs en eux-mêmes ne sont pas dénués d’intérêt.

Nelson Panciatici et ses copilotes sont arrivés deuxièmes des LMP2 aux essais qualificatifs.
Nelson Panciatici et ses copilotes sont arrivés deuxièmes des LMP2 aux essais qualificatifs. - © T. Weill/20 Minutes

D’après Nelson Panciatici, «les essais ça permet de régler la voiture pour la course. Par deux ou trois fois on a essayé de faire des chronos, mais au Mans sur 6h de qualif, on ne fait qu’1h de chrono». Quoi qu’il en soit, il semblerait que les teams se satisfont pleinement d’un peu plus de temps pour travailler sur leurs véhicules.

«Sur la journée test [5 juin dernier] aussi on règle la voiture, mais la piste a été rouverte à la circulation entre temps, elle évolue. La journée test on s’en sert pour réapprendre le circuit», mais là, renchérit Nicolas Lapierre, c’est surtout l’occasion «d’effectuer les derniers réglages, de finir de se préparer avant samedi» ou de tester les différents pneus, surtout avec la pluie. Et puis, pour le public, cela reste un beau spectacle.