Les voitures des 24H du Mans bientôt propres?

Ecologie L'hybride, et après? Les organisateurs des 24 Heures du Mans nous parlent de ce qu'ils envisagent pour rendre la course plus propre...

Thierry Weber

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Les voitures des 24 H du Mans suivent la tendance en empruntant notamment la voie de l'hybridation.
Les voitures des 24 H du Mans suivent la tendance en empruntant notamment la voie de l'hybridation. — ProSports / Rex / Shutterstock

La course propre est arrivée. Finies les émissions de gaz à effet de serre et les fumées de carburant. En 2014, la scène du sport mécanique mondial a vu apparaître un nouveau championnat, entièrement électrique, avec la formule E. Aux 24 Heures du Mans, de nombreux efforts ont été fournis ces dernières années pour améliorer la propreté énergétique des voitures, grâce à la technologie hybride. Mais l’Automobile club de l’ouest (ACO), qui organise la course sarthoise, ne compte pas s’arrêter là.

Pierre Fillon, le président de l’ACO, annonce «l’aube d’une révolution». Rien que ça. Il faut dire que les projets pour les bolides des 24 Heures du Mans ont de quoi séduire. Rappelons déjà que l’hybridation des moteurs est apparue au règlement des 24 Heures du Mans en 2012. «Aujourd’hui, pour parcourir la même distance que celle record de 2010, nous consommerions 50% de carburant en moins», souligne Vincent Beaumesnil, directeur des sports de l’ACO.

«Améliorer la qualité de l'air»

Si le papa du règlement se congratule, il reste conscient qu’il ne s’agit que d’un début. «Nous voulons aller plus loin», déclare-t-il. Ce à quoi Bernard Niclot, directeur technique de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) rajoute, «nous voulons améliorer la qualité de l’air». Première étape, annoncée par Bernard Niclot: accorder dès 2018 aux constructeurs une plus grande capacité de récupération d’énergie, la base de l’hybride au Mans, ainsi que moins de carburant.

Deuxième étape, faire intervenir l’électrique. «Cela existe déjà sur les véhicules urbains, avance Vincent Beaumesnil. Notre objectif est de transférer cela au Mans et qu’à partir de 2018, la voie des stands soit parcourue avec zéro émission.» En regardant plus loin, Vincent Beaumesnil évoque son intérêt pour les biocarburants, comme le biométhane, «issu de la dégradation de toutes les formes de déchets et récupéré sous forme de gaz».

La solution hydrogène

Après le futur proche, c’est au tour de Bernard Niclot de parler de l’avenir. «Notre intérêt se porte aussi sur les énergies renouvelables. Le problème c’est qu’elles sont aujourd’hui intermittentes.» S’il n’y a pas de vent ou de soleil, il n’y a pas d’énergie. Se pose ensuite le problème du stockage de l’énergie électrique, et de l’autonomie des véhicules.

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«La solution est l'hydrogène», martèle le directeur technique de la FIA. «Si nous récupérons l’énergie solaire pour en faire de l’électricité, nous pourrons ensuite en dégager de l’hydrogène par électrolyse. Ça nous pouvons le stocker.» D’après Vincent Beaumesnil, comme pour toutes les avancées technologiques liées aux carburants, «les constructeurs sont ravis du chemin que nous prenons». A titre d’exemple, Bernard Niclot évoque les premiers pas en la matière, ceux de la Toyota Mirai, une hybride dotée de réservoirs à hydrogène.


Si nous sommes donc encore loin d’une course entièrement verte comme c’est le cas avec la formule E, l’énergie du futur, on la touche du pneu dans l’automobile. Mais alors toutes c’est promesses, c’est pour quand? C’est là que le bât blesse, puisque personne ne veut s’engager quant à une date de mise en place. Mais au vu de l’orientation écologique du règlement ces dernières années, on se doute qu’il ne s’agit pas là de promesses en l’air. Une chose reste sûre, on rêve en vert à l’ACO.

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