Malaise à la maison d'arrêt de Villefranche

Elisa Riberry-Frisullo

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Les agents déplorent une recrudescence des agressions.
Les agents déplorent une recrudescence des agressions. — r. lafabregue / 20 minutes

Le 12 juillet, les surveillants avaient bloqué les entrées de la prison pour dénoncer le manque d'effectifs. Deux mois plus tard, la situation semble s'être encore dégradée à la maison d'arrêt de Villefranche. Au manque de personnel (1 agent par étage de 60 prisonniers) se pose aujourd'hui, selon le syndicat Ufap/ Unsa, un problème de sécurité.

Moins de vagues à Corbas
Dernier incident en date : le 26 août, pendant la messe, un détenu de 24 ans s'en serait pris violemment à un gardien, en lui portant des coups de poings et en tentant de l'étrangler. « Le surveillant s'en est tiré parce qu'un autre détenu est intervenu pour lui faire relâcher son étreinte », précise Dominique Verrière, délégué Ufap à Villefranche. Le détenu, a, selon la police, été présenté mercredi au parquet et sera jugé le 24 septembre pour « violences volontaires ». Une qualification des faits en deçà de la réalité selon les agents qui évoquent « une tentative d'homicide », nécessitant « une réponse forte de la justice ». « Mais j'en doute, confie un gardien. Les réponses apportées après une agression d'agents sont trop laxistes à Villefranche. ça ne fait qu'encourager la violence ». « Des faits comme celui-ci sont exceptionnels. Mais les coups de poings sur agents, c'est chaque semaine », ajoute l'Ufap.
A la prison de Corbas en revanche, confrontée à plusieurs reprises par des séries d'agressions sur agents, le climat s'est apaisé. « Les incivilités sont quotidiennes. Mais la mise en place de la journée continue de travail pour les détenus a calmé les choses. Il n'y a plus que deux et non quatre mouvements (transferts dans la prison) le matin et le soir. Les prisonniers peuvent travailler et faire des activités l'après-midi, leurs déplacements sont mieux régulés, ça minimise les conflits », indique Emmanuel Chambaud, délégué à Corbas. Contactée, la direction interrégionale des services pénitentiaires est restée injoignable jeudi.