Rentrée compromise pour les roms

Elisa Riberry-Frisullo

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Dans quelques jours, Mélina aurait sans doute pu aller à l'école pour apprendre à parler et à écrire français. Mais l'espoir de scolariser cette fillette comme les 60 enfants vivant dans d'autres baraques de fortune s'est envolé mardi, au petit matin, lors de l'évacuation du plus gros campement de Roms installé à Saint-Priest depuis le printemps, à deux pas du parc de Parilly. A l'arrivée de la police, intervenue sur ce terrain privé après une décision de justice, les 121 personnes recensées par la préfecture ont empilé leurs affaires en urgence et quitté les lieux à pied et en caravane. Certaines d'entre elles se sont réunies dans le parc de Parilly, d'autres se sont évanouies dans la nature, en quête d'un nouvel abri. « On ne sait pas ce qu'on va faire, ni où nous allons aller maintenant », confie Florentina, la mère d'un bébé de 7 mois arrivée de Craiova (Roumanie) en famille il y a un an et expulsée depuis de plusieurs autres terrains.
« Des équipements et autres bâtiments doivent être construits ici à l'horizon 2019. Il n'y avait aucune urgence à expulser, s'agace, écœurée, Micheline, bénévole au sein du Collectif pour l'accès à la scolarisation et le soutien aux enfants des squats (Classes). C'est un vrai gâchis. Avec ces expulsions très répétitives, tout tombe à l'eau. On fait fi du travail des bénévoles, des enseignants, on se moque des droits de l'enfant et de l'obligation de scolarisation ».

Un difficile recensement
Selon le collectif, sur les 60 enfants vivant dans ce camp, quarante étaient âgés de 6 à 18 ans. « La consigne qu'on a donné aux parents, c'est de les ramener où ils étaient scolarisés l'an passé. Mais avec toutes ces familles déplacées dans tout le Grand Lyon, ça va parfois faire loin pour les petits », déplore Gilberte Renard du collectif Rrom. Pour les autres, qui auraient dû être inscrits en mairie dans les prochains jours, l'aide à l'intégration par l'école s'annonce compliquée. « Certaines familles vont se terrer pour échapper à la traque dont elles sont victimes. Le temps qu'on les retrouve et qu'on refasse le travail de recensement et d'explications nécessaire avant l'école, il va s'écouler des semaines », ajoute une bénévole.

moins de restrictions à l'emploi

La semaine passée, à l'issue d'une réunion interministérielle, le gouvernement a annoncé une évolution des restrictions à l'accès au marché de l'emploi pour les ressortissants bulgares et roumains. Il a annoncé la suppression de la taxe pesant sur leurs employeurs et élargi la liste des métiers auxquels peuvent prétendre ces populations.