La dynastie des Mérieux endeuillée

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Nouvelle tragédie pour la famille Mérieux et leur entreprise pharmaceutique centenaire. Christophe Mérieux, 39 ans, qui devait d'ici à deux ans succéder à son père Alain, 68 ans, au poste de président du groupe BioMérieux, est mort ce week-end. Son corps a été découvert vendredi matin dans la piscine de la propriété familiale de Montellier (Ain). Il aurait été victime d'un « malaise cardiaque », selon une porte-parole du leader mondial du diagnostic in vitro, situé à Marcy-l'Etoile.

Arrière-petit-fils de Marcel Mérieux, créateur d'un laboratoire d'analyses à Lyon en 1897, petit-fils de Charles, qui a transformé l'entreprise en géant mondial de la production de vaccin, Christophe Mérieux se destinait initialement à la médecine. L'ancien interne des Hôpitaux de Lyon avait intégré le groupe familial après la disparition brutale de son frère cadet Rodolphe dans l'explosion du Boeing de la TWA entre New York et Paris, le 18 juillet 1996. Il avait été chargé par son père de la recherche et du développement au sein de BioMérieux.

L'an dernier, Christophe Mérieux avait participé à la création du pôle de compétitivité Lyon Biopôle, consacré au vaccin et au diagnostic, et en avait pris la présidence. « Lyon perd un de ses jeunes chefs d'entreprises les plus brillants », a déclaré Gérard Collomb, maire PS de Lyon, saluant « l'efficacité, mais aussi la gentillesse et le souci de discrétion de Christophe Mérieux ». Le benjamin de la fratrie, Alexandre, 32 ans, déjà membre du conseil d'administration de BioMérieux, pourrait succéder à son père dans quelques années.

Frédéric Crouzet

Christophe Mérieux avait fait la une des journaux en décembre 1975. Agé de 9 ans, il avait été enlevé à Lyon et libéré au bout de quatre jours en l'échange d'une rançon de 20 millions de francs, un record à l'époque.