«L'avenir de mes enfants est en France»

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Jeanette et Nelson Maigua ont le regard profond et le sourire timide des gens qui ont derrière eux un parcours difficile. Ce couple de sans-papiers vit depuis sept ans avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : l'expulsion vers l'Equateur, dont ils ont fui la misère. Les Maigua étaient agriculteurs à Peguche. Ils font partie des familles d'élèves étrangers qui vont déposer une nouvelle demande de régularisation, dans le cadre de la circulaire de Nicolas Sarkozy. « Je pense que le plus dur est derrière nous », assure Nelson.

Les Maigua débarquent à Lyon en 1999 avec leur fils Jean. Remplis d'espoir. « Dès que je suis arrivé, j'ai su que la vie serait meilleure pour mes enfants », confie Nelson. En France, où le couple donne naissance à Iching et Benji, tout n'est pas rose pour autant. Ils ne sont pas autorisés à travailler, mais Nelson avoue gagner un peu d'argent grâce à sa musique. Pendant de longs mois, la famille vit dans une cave, sans eau chaude ni chauffage, louée par un propriétaire peu scrupuleux. « Il a fallu faire des pieds et des mains pour leur trouver un autre logement car les sans-papiers n'y ont pas droit », explique Violette Sallaberry, membre du comité de soutien de l'école des Tables Claudiennes (1er), où sont inscrits les trois enfants. Par précaution, la nouvelle adresse de la famille est tenue secrète. Car les Maigua restent marqués par les quelques jours passés en centre de rétention, en 2002. « Je crains d'être renvoyé en Equateur. Mais l'avenir de mes enfants est en France. Ils sont nés ici, ont grandi ici », conclut Nelson.

Cloé Makrides

Des parents d'élèves et des enseignants de l'école des Tables Claudiennes se sont mobilisés pour aider les Maigua. Et la comédienne lyonnaise Sylvie Testud est devenue, mercredi, la « marraine républicaine » d'Iching.