Les sans-papiers campent à la préfecture

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Embouteillages devant les bureaux de la préfecture du Rhône. Les familles d'élèves sans-papiers se ruent sur les trois guichets mis à leur disposition depuis la semaine dernière, rue Molière (3e), pour déposer une nouvelle demande de régularisation. Ce dispositif fait suite à une circulaire du ministre de l'Intérieur, qui demande aux préfets de réexaminer les situations des familles sans-papiers dont un enfant est scolarisé. Comme moins de trente familles sont reçues chaque jour et que « les premiers arrivés sont les premiers servis », certains n'hésitent plus à camper dans la rue. « Bien sûr qu'il y a des gens qui dorment ici, s'exclame Monique, Camerounaise. Ça fait trois jours que je viens, trois jours que mes enfants ratent l'école. Ce matin, je suis arrivée à 5 h ! » Mohamed, Algérien, n'a « pas bougé d'ici » depuis la veille à 15 h. « J'ai passé la nuit dehors », raconte-t-il. Christophe Bay, secrétaire général de la préfecture, juge les conditions d'accueil « satisfaisantes ». « On n'oblige personne à camper », tranche-t-il.

Lors de leur passage au guichet, les familles se voient proposer une aide au retour pouvant atteindre « 12 à 15 000 s ». Une offre qui n'a séduit personne jusqu'ici, tandis que 124 demandes de régularisation ont été déposées. Les premières décisions devraient être connues la semaine prochaine. « La moitié des dossiers ne devraient pas poser de problèmes », indique Christian Mercier, responsable du bureau des étrangers. Les familles ont jusqu'au 14 août pour déposer leur demande.

Cloé Makrides

En cas de réponse positive, les familles se verront délivrer un titre de séjour valable un an et renouvelable d'année en année. Au bout de cinq ans, elles pourront bénéficier d'une carte de résidant.