Le projet culotté des Lejaby

Elisa Frisullo

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Nicole Mendez et Janine Caillot, salariée actuelle et ex-Lejaby de Rillieux.
Nicole Mendez et Janine Caillot, salariée actuelle et ex-Lejaby de Rillieux. — C. villemain / 20 minutes

Elles s'apprêtent à écrire une nouvelle page de l'histoire de la lingerie « made in France ». Après des mois de mobilisation pour sauver leur entreprise, liquidée en décembre puis reprise en janvier par Alain Prost, d'anciennes et d'actuelles ouvrières de Lejaby prévoient d'ouvrir d'ici à la fin de l'année, dans le quartier de la Part-Dieu, un nouvel atelier de façonnage de haute couture, de lingerie et de maillots de bain. Un pari fou qui a commencé à germer fin 2011 au moment de la liquidation. « A cette période, nous ne savions pas à quelle sauce nous allions être mangées, se souvient Nicole Mendez, déléguée CFDT et salariée depuis trente-quatre ans chez Lejaby. Mais nous ne voulions pas que le métier de mécanicienne couturière disparaisse du territoire. » Au même moment, Muriel Pernin, une chef d'entreprise villeurbannaise sensibilisée à leur cause, les approche. « Je suis attachée au patrimoine humain. Ces femmes allaient se retrouver sans emploi et sans espoir d'en retrouver un, vu qu'il n'existe plus aucun atelier de façonnage en lingerie », explique cette spécialiste de la communication, déterminée à préserver l'excellence régionale en matière de confection.

Lejaby en premier client
Mais la création d'un nouvel atelier de production coûte cher. Plus de 100 000 € pour aménager les locaux et 960 000 € annuels pour le faire fonctionner. Pour la première année d'exercice, les futurs associés tablent sur un chiffre d'affaires d'1,1 million d'euros, calculé sur les commandes déjà assurées pour démarrer l'activité. Le premier donneur d'ordre à s'être engagé n'est autre que… le PDG de Lejaby. Injoignable mardi, Alain Prost a assuré aux Atelières qu'ils leur confierait une partie de sa production aujourd'hui réalisée en Tunisie. Un premier contrat encourageant, mais pour monter en puissance, la société de sous-traitance devra frapper aux portes des maisons de couture. « Elles ont délocalisé leur production à l'étranger, mais ont encore besoin, pour leurs clients étrangers notamment, d'afficher une production made in France », explique Janine Caillot, ex-Lejaby, impliquée dans la création de cet atelier cousu main.

un appel à souscriptions bientôt lancé

La société commerciale sera gérée par des associés : Muriel Pernin, Richard Llung, élu et ancien chef d'entreprises, une ingénieur retraitée de l'Insa, une association réunissant les ouvrières intégrées au projet et des souscripteurs. Les Atelières s'apprêtent à lancer un appel à souscriptions sur les réseaux sociaux notamment. www.facebook.com/lesatelieres.