Fusillade au coeur de Villeurbanne

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Une fillette de trois mois blessée par balles, un malfaiteur tué, un autre touché. Hier matin, les habitants de la place Grandclément, à Villeurbanne, se sont réveillés encore assourdis par les coups de feu qui ont retenti, la veille, au cours d'une fusillade entre les forces de l'ordre et des malfaiteurs.

Vers 21 h, samedi, deux hommes âgés de 28 et 29 ans ont braqué un hypermarché à Vaulx-en-Velin avant de prendre en otage un automobiliste et son bébé, installé à l'arrière de la voiture, et de s'enfuir. Poursuivis par la brigade anticriminalité (BAC), les malfaiteurs ont ouvert le feu sur les fonctionnaires avant de s'arrêter une première fois, route de Genas. Là, les deux hommes auraient abandonné leur butin et l'otage aurait réussi à s'échapper, dans des conditions qui, hier, demeuraient confuses. Les braqueurs, « lourdement armés » selon la police, ont poursuivi leur folle échappée jusqu'à la place Grandclément, où leur voiture a heurté un abribus. Une fusillade a alors éclaté entre la BAC et les malfrats qui tentaient de prendre la fuite à pied. L'un d'eux a été tué d'une seule balle après avoir parcouru à peine une vingtaine de mètres. « Son complice a sorti le siège enfant de la voiture pour se protéger. Les policiers ont tiré sans savoir que le bébé s'y trouvait », indique le secrétaire régional du syndicat de police Alliance Jean-Paul Borelli. Immédiatement transportée à l'hôpital Edouard-Herriot (3e), la fillette, blessée de deux balles dans le fémur et le bras a été opérée dans la nuit. Elle était hier soir « en réanimation dans un état stationnaire », selon le directeur de garde de l'hôpital Pierre-Kempf. Egalement opéré dans la nuit, l'auteur présumé des faits, touché par balle, est « hors de danger ».

L'enquête confiée à la sûreté départementale devrait permettre d'en savoir plus sur les circonstances de ce drame, autour duquel subsistent, selon Jean-Paul Borelli, certaines « zones d'ombres ».

Elisa Frisullo

Selon Alliance, les malfrats, déjà condamnés pour des actes petite délinquance, était armés de mitraillettes utilisées par les services iraéliens.