Le trafic auto passé au crible

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Pour venir travailler dans l'agglomération lyonnaise, les banlieusards prennent... leur voiture. C'est un des enseignements de l'enquête Cordon sur les déplacements routiers rendue publique hier par la direction départementale de l'équipement (DDE). En septembre dernier, la DDE du Rhône a interrogé 87 000 conducteurs de voiture et de poids lourds à trente-six points d'entrées et de sortie de l'agglomération afin de connaître leur parcours et les motivations du trajet choisi.

Financée avec l'aide des collectivités locales, cette enquête doit permettre d'améliorer les conditions de transports dans la région de Lyon. Il apparaît que chaque jour, plus de 510 000 voitures et 66 000 poids lourds entrent et sortent du Grand Lyon, essentiellement pour des raisons professionnelles. C'est deux fois plus qu'à la fin des années 1970. Depuis 1990, le trafic routier progresse même de 2 % chaque année. Selon la DDE, cette croissance s'explique par l'augmentation de la population périurbaine depuis quinze ans (+ 13 %), par une hausse du nombre de déplacements par habitant (+ 32 %) entre l'agglomération et l'aire métropolitaine et par l'allongement des distances de parcours. « Il y a deux fois plus d'actifs périurbains qui viennent travailler dans l'agglomération que l'inverse », constate Benoit Thomé à la DDE. Et près de 40 % des automobilistes qui circulent chaque jour dans l'aire métropolitaine vont ou viennent de l'ouest et du nord-ouest. « Ces données montrent surtout la déficience des transports en commun dans ces secteurs », déplore Michel Oziol, maire de Chassagny et président du syndicat des communes de l'Ouest Lyonnais.

Frédéric Crouzet

Trop de camions étrangers sur l'A6 et l'A7 ? L'enquête de la DDE dément cette idée reçue et montre que seuls 16 % des poids lourds qui transitent dans l'agglo proviennent de l'étranger ou s'y rendent.