« Ça fait 5 ans qu'on attend »

E. Frisullo, C. Girardon

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Des milliers de militants PS se sont réunis dimanche au Transbordeur pour fêter la victoire, tandis qu'à l'UMP (à dr.), la déception se lisait sur tous les visages.
Des milliers de militants PS se sont réunis dimanche au Transbordeur pour fêter la victoire, tandis qu'à l'UMP (à dr.), la déception se lisait sur tous les visages. — C. Villemain / 20 minutes

Un concert de klaxons a balayé dimanche soir la ville jusque tard dans la nuit pour fêter l'élection de François Hollande. Une victoire célébrée dès 19 h 30 au Transbordeur de Villeurbanne où les militants socialistes se sont rassemblés en masse. En attendant le décompte final, Anaïs, perchée sur les épaules de son père, hurle « On a gagné ! » en agitant frénétiquement un drapeau. Puis, le visage de François Hollande apparaît sur l'écran géant, entraînant une explosion de joie. Robert, âgé de 74 ans, vêtu d'un jogging et fanion de l'OL à la main esquisse énergiquement quelques pas de danse. « Je suis très content, lâche-t-il d'un ton guilleret. Je vote socialiste depuis mes 18 ans, et je suis le seul dans ma famille. Alors ce soir c'est la fête. » Quelques mètres plus loin, Lazare, accompagné de sa fille Nadia,10 ans, a également du mal à cacher ses émotions. « Pour moi, c'est un véritable soulagement. J'ai l'impression qu'il va y avoir un souffle nouveau. Les Français minoritaires auront enfin droit à la parole. » A ses côtés, Manan, 51 ans, tel un diablotin sorti de sa boîte, saute de partout. « Ça fait 5 ans que j'attendais que la démocratie revienne, exulte-t-il les bras levés au ciel. J'attendais ça de tout mon cœur. »

Les législatives en ligne de mire
Céline, 26 ans, moins expensive? se dit néanmoins « heureuse et soulagée ». « Je suis ravie qu'on ait mis Sarkozy dehors. Je suis prête pour le changement. » Anite, 60 ans, Martiniquaise vient d'échanger quelques SMS avec sa sœur vivant aux Antilles. « C'est un grand jour car on en a bavé avec Sarko. On va faire la fête toute la nuit.» A l'UMP, en revanche, malgré des sourires de façade et des slogans en l'honneur du président sortant, la défaite se lisait sur les visages bien avant 20 h. Une déception marquée dès l'annonce des résultats par des cris et des larmes essuyées d'un revers de la main par quelques jeunes filles. « Je suis très déçue, j'y ai cru jusqu'au bout », confie, à la sortie de la fédération (6e), Charlotte, qui votait pour la première fois. Tout comme Paul, 20 ans, « inquiet pour l'avenir de la France ». « La gauche va tout avoir, de nombreuses mairies, les régions, le Sénat. Il ne va plus y avoir de contre-pouvoir et ça, ce n'est pas rassurant », explique le jeune homme, écœuré par « l'anti-sarkozysme qui a marqué la campagne et conduit à la défaite » du président sortant. « Je crois aussi qu'on n'a pas fait suffisamment campagne », tempère Corinne Prince, conseillère municipale UMP à Saint-Genis-Laval, déterminée à poursuivre la bataille pour les prochaines législatives. Une volonté affichée par tous, Michel Havard en tête. « La campagne ne s'ouvre pas sous les meilleurs auspices. Mais personne ne peut dire qui va gagner les législatives, estime le député candidat dans la 1ere circonscription. C'est un autre match qui s'ouvre, il va falloir le jouer à fond dès demain dans l'union et l'unité. »