Les policiers se disent remontés contre leur hiérarchie.
Les policiers se disent remontés contre leur hiérarchie. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Lyon

« On a l'impression de travailler pour rien »

Social Environ 200 policiers ont manifesté jeudi midi pour dénoncer un manque de considération

Pas de banderoles ni de tenues de service. Pas de gyrophares ni de klaxons… seulement quelques sifflets à l'heure du déjeuner. Environ 200 policiers se sont rassemblés jeudi place Bellecour afin de manifester leur colère. « La mise en examen de notre collègue de Noisy-le-Sec a été un élément déclencheur, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, explique Alain Chizat, secrétaire départemental du syndicat Unité-SGP. Aujourd'hui, on a une police au rabais. Et il faut rajouter à cela un état de stress permanent lié à l'insécurité et à la pression de notre hiérarchie qui nous demande toujours plus. » Cette pression, Albert la supporte difficilement. Il a d'ailleurs fini par renoncer au terrain, après dix ans de services. « Ça ne se passait pas très bien. En cas de problème, nous sommes les derniers remparts. Au final, que ce soit pendant ou après une intervention, on est toujours aussi seuls. Et personne ne tient pas compte du travail effectué. C'est usant psychologiquement ». Usant aussi pour Marion, jeune fonctionnaire, qui déplore un changement des conditions de travail.

Un sentiment d'inutilité
« On a l'impression d'être davantage des commerciaux que d'appartenir au service public, précise-t-elle. On se demande si notre travail est vraiment utile ». Eric, qui affiche plus de vingt ans d'ancienneté, partage le même avis. « On a souvent l'impression de travailler pour rien, notre parole est constamment remise en doute, même lorsqu'on interpelle quelqu'un en flagrant délit ». L'homme qui avoue être « entré dans le métier par conviction, afin de protéger des gens » semble totalement déconcerté aujourd'hui. « Avant, on était soutenu. A présent ce n'est plus le cas. La population ne nous apprécie pas. On se fait caillasser tous les jours dans les cités et personne ne fait rien ». Mais pour l'agent de terrain, le malaise est encore plus profond. « Ce qui me dérange le plus c'est de voir qu'il y a une certaine impunité pour les auteurs de délits et que le droit des victimes n'est plus respecté ». Les syndicats ont appelé à un nouveau rassemblement le 11 mai devant la préfecture du Rhône.