Encore des zones d'ombre

Caroline Girardon

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Selon Jean-Michel Aulas, l'OL a les moyens de construire son Grand Stade.
Selon Jean-Michel Aulas, l'OL a les moyens de construire son Grand Stade. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

De la Rocade Est, en longeant le site du Montout de Décines, on ne voit pour l'instant que d'immenses monticules de terre et quelques tractopelles s'affairant. Le Stade des Lumières, futur antre de l'Olympique Lyonnais, est encore loin de sortir de terre. Mais le président du club, Jean-Michel Aulas, a bon espoir de poser la première pierre avant l'été. « Après des années de doute et de nombreux obstacles (recours actuel contre le permis de construire), nous sommes aujourd'hui à la première étape de la mise en œuvre du projet », insistait-il lors d'une visite de chantier mercredi. Une visite qui intervient cinq jours après que Vinci, chargé de concevoir et réaliser le stade, a repoussé la signature du protocole d'accord.

Vinci repousse la signature
« Ce n'est pas un hasard, estime Joëlle Percet, présidente de l'Addel, association pour le développement durable de l'est Lyonnais. Ça nous conforte dans l'idée que ce projet est mal en point et que Vinci a des doutes. » Dans un communiqué, le groupe industriel a justifié cette prorogation « du fait de l'importance et de la complexité du projet… et par l'absence à cet instant de caractère définitif de l'ensemble des autorisations administratives sollicitées ». Selon Jean-Michel Aulas, il n'y aurait aucune crainte à avoir dans l'avancement du projet. « Cela ne change rien au délai de construction, précise le président de l'OL. Pour notre part, il n'y a pas de feu orange ou d'alerte particulière. Et si on se lance dans ce projet, c'est qu'on a les moyens de le faire. » Un argument qui ne convainc guère les détracteurs du Grand Stade. « Les investisseurs ne se bousculent pas au portillon pour apporter leur pierre à l'édifice », rajoute Joëlle Percet. « Il n'y a pas d'inquiétude à avoir, tranche Gilbert Giorgi, le président de la Foncière Montout. Comme dans toute négociation on discute le bout de gras. Vinci n'est pas frileux et ne souhaite en aucune façon se retirer du projet. Ils font même partie des entreprises candidates pour exploiter le stade. »

Une visite de chantier perturbée

Une trentaine de militants, dont certains qualifiés « d'altermondialistes » par Jean-Michel Aulas, ont bloqué le bus de l'Olympique Lyonnais mercredi matin lors d'une visite organisée par le club à destination de la presse. Les forces de l'ordre ont dû intervenir pour débloquer la situation et déloger certains manifestants qui s'étaient couchés sur la route.