« En huit mois, notre vie a changé »

Elisa Frisullo

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Aramis Costel, un Rom de 24 ans, a obtenu des papiers pour pouvoir travailler.
Aramis Costel, un Rom de 24 ans, a obtenu des papiers pour pouvoir travailler. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

En septembre dernier, Costel vivait avec son épouse et Mélissa leur fille de 4 ans, dans une baraque de fortune aménagée sur un campement. « Mais en huit mois, notre vie a changé. Désormais, tout devient possible, s'enthousiasme ce père de famille de 24 ans, arrivé en France il y a quatre ans, après des années de galère passées en Roumanie, puis en Italie. On a grandi dans les squats. Mais j'espère maintenant que nous allons pouvoir offrir un avenir splendide à Mélissa », ajoute ce Rom, qui depuis le 20 mars commence à croire qu'une autre vie est possible. Ce jour-là, selon le site rue89lyon qui a révélé l'information, ce jeune s'est vu remettre un titre de séjour par la préfecture du Rhône, comme une centaine d'autres Roms. Du jamais vu ou presque dans le département, où depuis des années entre 700 et 1 000 Roms passent d'un squat à un autre au gré des expulsions.
« Mais tout a changé depuis que nous avons une adresse, explique Costel, qui fait partie des 60 personnes recueillies en septembre par le curé de la paroisse Saint-Antoine à Gerland. Neuf familles hébergées depuis dans les sous-sols de l'église.

École, logement, travail
« Ils étaient devant l'église sur un parking. Je ne pensais qu'à les mettre à l'abri », se souvient le père Matthieu Thouvenot, qui n'imaginait pas alors que le provisoire allait durer des mois. « Sans cela, nos enfants n'auraient pas pu aller à l'école et nous n'aurions jamais été régularisés », estime Costel. « C'est sûr que le fait qu'ils ne soient plus sur un campement mais dans un même lieu, en petit groupe stable, a dû favoriser l'obtention d'un titre de séjour », ajoute le jeune curé. Depuis peu, après des mois de démarche, même les adolescents vont au collège. Les adultes suivent des cours de français dispensés par Forum réfugiés. « Une fois que nous maîtriserons la langue, nous travaillerons dans la construction, le bâtiment…Là où il manque de la main-d'œuvre », ajoute le père de famille, inscrit au Pôle emploi, bénéficiaire du RSA le temps de pouvoir gagner sa vie et désormais en attente d'un vrai logement.

Le coup de pouce d'un patron porte ses fruits

En septembre, 20 Roms qui avaient atterri sur un terrain du 2e après une expulsion ont également bénéficié de l'aide du propriétaire du site, patron de DCB immobilier. L'homme d'affaires leur avait proposé d'accéder à un autre de ses terrains à Oullins et avait sommé les autorités de prendre leurs responsabilités. Ces familles ont aussi eu droit à un titre de séjour.