Une Leçon de manifestation en famille

Caroline Girardon

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Beaucoup de Lyonnais ont défilé mardi matin, accompagnés de leurs enfants.
Beaucoup de Lyonnais ont défilé mardi matin, accompagnés de leurs enfants. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Dans le cortège au milieu des drapeaux de la CGT, Aurégane du haut de ses 8 ans pose fièrement sous l'objectif de sa maman. Ève qui travaille dans la formation-consulting faisait partie des 10 000 à 20 000 personnes ayant battu le pavé lyonnais mardi matin à l'occasion du traditionnel défilé du 1er Mai. Et la jeune femme a tenu à manifester en famille. « C'est une façon d'éduquer mes enfants, de leur montrer que dans la vie, il faut se battre car tout ne tombe pas du ciel ». Militante depuis quelques années au sein d'une association locale qui soutient la cause des femmes, Eve poursuit : « La démocratie et les droits civiques doivent s'apprendre dès le plus jeune âge. Rien n'est acquis dans la vie. Je veux dire à ma fille qu'il faut rester vigilant ».

Ambiance bon enfant
Quelques mètres plus loin, Anne-Céline berce son petit Léon âgé de 5 mois. La jeune maman est une « habituée du 1er Mai ». « On a de la chance d'avoir un fils calme, ce qui nous permet de défiler, sourit-elle. Mon compagnon est chilien. Là-bas, il y a une vraie culture de la manifestation. Ici l'ambiance est bon enfant. Pour nous c'est comme la promenade du dimanche ». Tout aussi décontracté, Jérôme, fonctionnaire territorial de 36 ans a emmené ses deux enfants avec lui. « Ma fille de 5 ans m'a posé beaucoup de questions sur les élections, elle ne comprenait pas par exemple pourquoi sa mère et moi étions choqués du score de Marine Le Pen. On lui a expliqué qu'on n'avait pas la même conception de l'immigration, et que dans sa classe, la moitié de ses camarades étaient concernés ». Mais pour ce père de famille, pas question d'« endoctriner » ses bambins. « Il s'agit juste de leur montrer qu'on peut manifester son désaccord de façon populaire et festive». Un point de vue partagé par Clara. « Pas besoin d'être violent pour dire son mécontentement ». « Moi j'aurai aimé que ça crie plus », ajoute pourtant Félix, son petit bonhomme de 4 ans.