Des ateliers pour percer les mystères du bricolage

Caroline Girardon
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L'atelier Lilibricole se situe rue de Sèze, dans le 6e arrondissement.
L'atelier Lilibricole se situe rue de Sèze, dans le 6e arrondissement. — D. Le Glanic

Accrochée à sa perceuse, les yeux rivés sur le mur en plaques de plâtre, Mélanie écoute attentivement les conseils de David, artisan électricien. Dans l'atelier de Lilibricole, ouvert depuis février rue de Sèze dans le 6e, le public rencontré vendredi dernier est entièrement féminin. Les cinq participantes sont venues ici apprendre les rudiments du bricolage dans une ambiance bon enfant. Et ce jour-là, il s'agit de manier une perceuse, choisir le bon foret ou la vis adéquate, pour poser une étagère… ce qui n'est pas une mince affaire.

Une clientèle très féminine
« Un jour j'ai tenté de bricoler chez moi, mais j'ai surtout réussi à percer le mur de mon voisin, rigole Mélanie. Alors je me suis dit qu'un cours me ferait le plus grand bien. » A ses côtés, Caroline, âgée de 40 ans, est tout aussi studieuse. « J'avais envie d'apprendre à faire des choses simples, sans dépendre de mon conjoint, explique-t-elle avant de rectifier malicieusement. En fait il n'est pas très manuel. Et surtout j'attends depuis des mois qu'il fixe certains objets ! Comme ça, je le ferai moi-même et ça ira plus vite. » La jeune quadragénaire semble s'être découvert une véritable passion. « J'ai acheté des livres, testé plein de produits, mais sans grande efficacité. » Même constat pour Marlène, 55 ans, qui a promis à sa fille de lui monter ses placards et une tringle de penderie. « J'avais un peu peur de toucher une perceuse, mais là je me sens prête », explique cette mère qui a déboursé 29,90 € pour cette leçon d'une heure et demie chez Lilibricole. Un atelier qui, depuis son ouverture, voit les demandes affluer. « 52 % des clients des grandes surfaces de bricolage sont des femmes, explique Stéphanie Perrichot, la directrice. Il y a eu un réel changement dans la société. Aujourd'hui, de plus en plus de femmes se retrouvent seules, célibataires ou divorcées et doivent se débrouiller elles-mêmes, car recourir à un artisan coûte cher. Et les jeunes hommes sont moins dégourdis. »