Les élus ont voté pour le privé

Caroline Girardon

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En 2013, la collecte des ordures à Lyon ne se fera plus par la régie publique.
En 2013, la collecte des ordures à Lyon ne se fera plus par la régie publique. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

«Ceux qui annonçaient à cors et à cri que Veolia raflerait le marché se mettaient le doit dans l'œil...jusqu'au coude ». Accusé d'avoir favorisé l'entreprise privée dans l'attribution de la collecte des ordures sur Lyon et Villeurbanne, Gérard Collomb, président du Grand Lyon a fait taire les critiques. « Ce sont Sita et Pisorno qui ont remporté le marché », précise Thierry Philip, vice-président, délégué à la propreté.

« On y a laissé des plumes »
Lundi après-midi les élus communautaires ont donc approuvé le nouveau marché du ramassage des ordures, l'opposition, le PC et les Verts s'abstenant. Comme prévu, les 56 communes du Grand Lyon seront collectées par la régie publique. Mais Lyon et Villeurbanne passeront sous la coupe du privé.
« Veolia n'a pas été retenue en raison de tarifs trop élevés », indique Gérard Collomb. Pourtant la facture globale augmentera de 26 %. L'an prochain, le prix de la tonne ramassée s'élèvera à 104,50 € contre 83 € aujourd'hui, dans les communes ayant déjà recours au privé. « C'est toujours moins cher que la régie publique où cela nous revenait à 134,50 € », estime Thierry Philip. Le mouvement de grève des éboueurs qui avait duré près de trois semaines n'a donc pas permis de changer la donne. « On y a laissé des plumes, affirme Djamel Mohamed, secrétaire général de la CGT. Mais au moins, on a le mérite d'avoir défendu le service public ». « On a tout de même réussi à obtenir des avancées sur nos conditions de travail, et d'avoir nourri un débat au sein des différents partis politiques », poursuit Pascal Bouchard, représentant CFDT. « Une grève c'est toujours un échec, estime Thierry Philip. Désormais il faut recoller les morceaux et faire en sorte que la confiance se réinstalle ».