Quand la cancérologie et la gériatrie s'unissent

Caroline Girardon

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A 101 ans, Marie, opérée d'un cancer.
A 101 ans, Marie, opérée d'un cancer. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

C'est une discipline qui tend à se répandre dans les hôpitaux. Bientôt trois unités de coordination oncogériatrique seront créées en région Rhône-Alpes, à Lyon, Saint-Etienne et Grenoble. L'oncogériatrie, rapprochement de la cancérologie et de la gériatrie, vise à garantir à tout patient âgé atteint de cancer, un traitement adapté à son état grâce à une approche multidisciplinaire.

Proposer un traitement adapté
« Un cancer chez une personne de 80 ans n'est pas moins agressif que chez un trentenaire », explique Claire Falandry, gériatre au centre hospitalier Lyon Sud. « Il est impératif de bien connaître leur état de santé, afin d'adapter les traitements, poursuit Elisabeth Castel-Kremer, gériatre à Edouard Herriot. Les seniors sont des patients complexes, car ils souffrent souvent de plusieurs maladies, comme le diabète ou Alzheimer. » « Les dépistages et le diagnostic s'avèrent parfois difficiles, révèle Claire Falandry. D'autant que les personnes âgées tendent à banaliser leurs symptômes. » C'est en effet ce qui s'est passé pour Marie, âgée de 101 ans, hospitalisée pour un cancer du colon en janvier. « J'ai commencé par avoir des hémorragies et beaucoup de diarrhées. Et je pensais que ça venait de ce que je mangeais », sourit la vieille dame. « Les gériatres qui l'ont évalué, l'ont convaincu de se faire opérer, car elle ne voulait pas, de peur de perdre la tête », raconte sa fille. Requinquée, la pétillante centenaire fait son ménage tous les jours et a même repris le tricot !

Les chiffres

Le cancer est devenu la première cause de mortalité après 65 ans. Chaque année, les HCL prennent en charge 2 500 patients pour un cancer après 70 ans, dont près de 1000 après 80 ans. Un chiffre qui a pratiquement doublé en quinze ans.