Les antennes de la discorde

Elisa Frisullo

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Une antenne sera installée sur ce bâtiment de la rue du Bât-d'Argent.
Une antenne sera installée sur ce bâtiment de la rue du Bât-d'Argent. — c. villemain / 20 minutes

Mauvaises ondes entre les Hospices civils de Lyon et certains de leurs locataires. Des dizaines de Lyonnais, habitant des immeubles de la Presqu'Ile, du 3e et du 6e, viennent de se réunir en collectif pour protester contre l'installation d'antennes-relais prévue sur leurs toits dans les prochains jours. Une opération destinée à renflouer un peu les caisses de l'établissement public, plombé par un lourd déficit depuis des années. « Comme tout gestionnaire d'un parc immobilier, nous nous sommes interrogés sur la manière d'utiliser au mieux nos immeubles », reconnait Julien Samnson, directeur général adjoint des HCL.

« Pas de risques » pour la santé
En louant ces toits aux opérateurs pour une durée de huit ans, les hospices s'assurent ainsi plusieurs dizaines de milliers d'euros par mois. « Chacun sait que les HCL connaissent des difficultés financières. Mais il est scandaleux qu'ils nous exposent à un potentiel danger alors que leur vocation est de soigner et de veiller à la santé de la population », dénonce Jean-Pierre Dutrievoz, membre du collectif et locataire au 18, rue du Bât-d'Argent (1er). Vincent, l'un de ses voisins, inquiet des effets néfastes des antennes sur la santé, n'a pas hésité non plus à se mobiliser. « Je ne suis pas réfractaire aux nouvelles technologies, ni anti-ondes. Mais il y a encore des incertitudes nettes chez les scientifiques concernant leurs effets. Notamment sur la santé des enfants », explique ce père de famille, chercheur en biologie, qui a recensé une quinzaine de crèches et établissements scolaires à proximité des 11 immeubles devant abriter une antenne. Des installations sans « risque » selon les HCL. « L'Agence nationale de fréquence ou l'Académie de médecine notamment indiquent que l'exposition n'est pas susceptible de poser des problèmes pour la santé. Tous les experts le disent, estime Julien Samson. Après avoir fait circulé une pétition, les résidents lyonnais ont adressé un recours gracieux au maire PS de Lyon Gérard Collomb, également président du conseil de surveillance des HCL, pour que soit appliqué le principe de précaution. « Mais nous ne nous faisons pas d'illusions sur la réponse », précise le collectif, déterminé à faire mesurer régulièrement les émissions électromagnétiques aux abords des immeubles.