Le bookcrossing consiste à faire circuler des livres en les déposant n'importe où.
Le bookcrossing consiste à faire circuler des livres en les déposant n'importe où. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Lyon

Le roman noir lâché en pleine nature

Quais DU POLAR (2/3) Des bookcrosseurs cacheront dimanche des romans policiers dans la ville

Dimanche en fin de matinée, à l'occasion du festival Quais du Polar, elle sera sur la passerelle du collège en train de semer de part et d'autres des romans policiers. Les livres, c'est sa passion. Et Michelle est ce qu'on appelle une « bookcrosseuse ». « C'est ma fille qui m'a initiée au concept, nous sommes deux grandes lectrices, raconte-t-elle. Elle m'a rapidement convaincue. »

Libérer un livre
Né aux Etats-Unis en 2001, arrivé en France deux ans plus tard, le bookcrossing consiste à faire circuler des livres, en ayant pris le soin de les enregistrer afin de suivre leur parcours. Les adeptes les posent alors n'importe où, à un arrêt de bus, sur un banc public ou les cachent dans les sacoches d'un vélo par exemple. « C'est libérer un livre qu'on a aimé, glisse Michelle dans un grand sourire. On a envie de le partager, d'en faire profiter quelqu'un d'autre ». Depuis 8 ans, elle en a « libéré » 462 et recueilli près de 200 « mais jamais par hasard à (son) grand regret ». Car Michelle se lance parfois dans une véritable chasse au trésor, repérant au préalable sur Internet, les communes ou les quartiers dans lesquels ont été « lâchés » des ouvrages. Ce mercredi la pétillante quinquagénaire décide d'en glisser un à l'intérieur du panier d'une bicyclette, guettant la réaction de son propriétaire. Sur l'ouvrage, une étiquette malicieuse informe le lecteur du concept. Soudain surgit un homme. L'air renfrogné, il se saisit du livre... et le jette à la poubelle devant Michelle, la mine déconfite. « C'est un cadeau, proteste-t-elle timidement. Ça me fait mal au cœur de voir ça. » L'homme enfourche sa bicyclette sans se dérider lançant d'un ton bougon : « Les livres, je les achète, je ne prends pas ce qui me tombe sous la main. » « Par chance, on a parfois de belles réactions, répond-elle. Un jour, un sans-abri nous a envoyé un mail pour nous remercier, nous disant que ce livre avait été le rayon de soleil de sa journée. »