Les maraudes lyonnaises dans l'impasse

Jérôme Pagalou

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Lors de sa dernière maraude vendredi, le Samu social a recensé 110 personnes dans la rue.
Lors de sa dernière maraude vendredi, le Samu social a recensé 110 personnes dans la rue. — C. VILLEMAIN / 20 Minutes

Les maraudes lyonnaises en plein « syndrome Arche de Zoé » ? C'est l'accusation faite par le président du Rhône de la Croix Rouge Michel Ducray, qui a suspendu provisoirement les maraudes du Samu social de l'organisation caritative depuis vendredi dernier. « Certains bénévoles s'estiment propriétaires de leurs pauvres (sic) et veulent tout faire à leur façon, confie Michel Ducray. Mais ils doivent obéir aux centaines de règles de la Croix Rouge. »

Les sans-abri en pâtissent
Sauf que les 65 bénévoles participant régulièrement aux maraudes dans l'agglomération lyonnaise (les mardis, jeudis et vendredis) ne connaissent pas encore la nature des « importants dysfonctionnements » que la direction leur a reprochés… par mail. « Les sans-abri sont les premiers à pâtir d'un problème interne à la Croix Rouge, regrette Karine Robert, responsable de tournée. Il paraît qu'on nous reproche de finir des maraudes à 3 h 30, mais il n'y a pas d'horaire réglementaire. Nous ne faisons pas que distribuer de la nourriture aux sans-abri, il y a de vrais échanges avec eux. » Une réunion « d'explications » aura lieu mercredi prochain, avant une reprise des maraudes « le 16 mars, ou au pire le 20 », selon Michel Ducray. Cet épisode laissera à coup sûr des traces dans la structure lyonnaise. « Cela a touché beaucoup de monde et il sera dur de retravailler avec la hiérarchie, confirme Karine Robert. Peut-être même que certains bénévoles partiront… »

Qui compense cette absence

La Croix Rouge n'est pas la seule association intervenant la nuit. L'Armée du Salut (à Perrache et Part-Dieu) et les Restos du Cœur assurent un accueil hivernal. Ensemble pour un repas est présent tous les mardis à Part-Dieu et Perrache. Mais seul le Samu social 69 assure également une maraude tous les soirs, mais sans offrir de nourriture.