Lyon invite aussi la poésie urbaine

Jérôme Pagalou

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Avec Urban Spirits, le Printemps des Poètes lyonnais prend un sacré coup de jeune. La vidéaste Judith Darmont va embarquer aujourd'hui (19 h 30 et 21 h depuis la salle des Rancy, 3e) les spectateurs pour une déambulation numérique et poétique dans le quartier de la Guillotière. L'artiste franco-israélienne projette des portraits retouchés à taille réelle sur les murs des plus grandes villes du monde. « Nous tenons à trouver de nouvelles passerelles pour toucher un large public, précise Marie-Caroline Rogister de l'Espace Pandora, organisateur du Printemps des Poètes à Lyon. Il est important de moderniser l'image de la poésie. »

« Hors Humain », un poète si spécial
Quoi de plus pertinent pour moderniser le festival qu'inviter... « Hors Humain » ! À 68 ans, ce fantasque cascadeur né à Lyon détient le record mondial du choc thermique après trois sauts de 13 m dans les eaux du Groënland en 1984, ne se balade que pieds nus depuis 30 ans et effectue des abdos le corps dans le vide au-dessus de la Saône (photo ci-contre). Pour Urban Spirits, « Hors Humain » (ce nom est bien le seul à apparaître sur son passeport !) se contentera d'accompagner les spectateurs en lisant ses poèmes, tout en sautant à la corde, alors que Judith Darmont projettera sur les murs de la Guill' des images de lui. « Les gens sont toujours surpris par ma poésie urbaine car elle apporte une autre dimension à la ville, pleine de fantômes et d'esprits », souligne l'artiste qui a également vécu à Lyon. Spécialisée dans le développement des arts numériques, l'association lyonnaise AADN a porté ce projet « s'écartant des formats conventionnels ». « Le poète est un visionnaire mais malheureusement, il est peu entendu car l'humanité est en apnée », conclut l'énigmatique « Hors Humain », fasciné par « l'ultime souffle ».

lancement national

La poésie lyonnaise a pour la première fois eu l'honneur de lancer le 14e Printemps des Poètes national hier. Six compagnies ont lu un poème devant l'Hôtel de Ville à 14 h avant de se disperser dans toute la ville, du métro D au Vieux-Lyon en passant par... un « poématon » à l'Office du Tourisme.