« On va se battre pour elles »

Caroline Girardon

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Les Lejaby d'Yssingeaux sont venues soutenir leurs collègues des autres sites.
Les Lejaby d'Yssingeaux sont venues soutenir leurs collègues des autres sites. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Bravant le froid pendant près de deux heures devant la Préfecture du Rhône, les anciennes salariées de Lejaby sont venues soutenir leurs copines de Rillieux-la-Pape hier matin. Sur les 93 ouvrières d'Yssingeaux, 75 avaient fait le déplacement pour donner un peu d'espoir aux autres. Les autres, les collègues de Bellegarde, Bourg-en-Bresse (Ain), et le Teil (Ardèche) dont les ateliers de fabrication ont fermé en décembre 2010, étaient également présentes en petit nombre, réclamant les indemnités de licenciement qu'elles n'ont jamais touchées tout en espérant retrouver un emploi rapidement.

Des nouvelles avant les élections
« La mobilisation a payé pour nous, souligne Bernadette Pessemesse, ancienne salariée d'Yssingeaux. On a eu plusieurs offres de reprise, alors pourquoi ne pas les redéployer sur les autres sites ». « L'union fait la force, poursuit Jacqueline. On va se battre pour elles car elles en ont bien besoin ». « Je ne trouve pas normal que les politiciens sauvent Yssingeaux et ne fassent rien pour nous, à Rillieux, où il y a beaucoup plus de casse », s'insurge Noëlle. Mercredi soir une délégation de représentants syndicaux des anciens sites a été reçue par Jean-François Carenco, le préfet de région. « Sans vouloir nous donner de faux espoirs, il nous a parlé de plusieurs projets de réindustrialisation, jugés sérieux, annonce Raymond Vacheron, délégué CGT textile. Il nous a promis des nouvelles avant la Présidentielle ». Selon nos informations, il s'agirait de projets proches de l'habillement. Dans les rangs des salariés, la nouvelle est diversement appréciée. « Je n'en crois pas un mot, déclare Isabelle, ancienne de Bourg. On sait très bien qu'après l'élection présidentielle, on ne parlera plus de nous. En attendant qu'ils nous versent nos indemnités sinon on est prêtes à dormir et manger devant l'Elysée ». « On s'est tellement fait avoir qu'on veut du concret », soupire Brigitte. « Moi, je suis prête à retourner travailler, lâche Hafida. Je n'attends que ça ».

Des indemnités jamais versées

Selon les syndicats, la moitié des 320 salariées licenciées en décembre 2010 lors de la fermeture des sites de production de Bellegarde, Bourg et Le Teil, n'ont pas touché un centime d'euro ou n'ont obtenu qu'une infime partie de leurs indemnités de licenciement, malgré l'accord qui avait été signé lors du plan social.