« Il n'y a pas qu'Yssingeaux, nous aussi, on existe »

Caroline Girardon

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Les Lejaby s'étaient mobilisées le 17 janvier pour défendre leur emploi.
Les Lejaby s'étaient mobilisées le 17 janvier pour défendre leur emploi. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Dans les couloirs de Lejaby, à Rillieux-la-Pape, l'ambiance est quelque peu morose. Certes l'usine d'Yssingeaux (Haute-Loire) délaissée par Alain Prost dans son projet de reprise a trouvé un sauveur et fait la une de l'actualité, mais les salariées du Rhône affichent une moue dubitative. « On est contente pour les filles, avoue Elizabeth. Mais il n'y a pas qu'Yssingeaux. Nous aussi, on existe ».

140 licenciements à Rillieux
« Nous sommes les oubliées de Lejaby, enchaîne Sonia. Je suis dégoûtée. Ici à Rillieux, 140 d'entre nous vont rester sur le carreau. Elles recevront leurs lettres de licenciement mardi (demain) et on n'en parle pas ». Sur les 450 postes du groupe (à Rillieux et Yssingeaux), le repreneur a prévu de n'en conserver que 195. Ce qui révolte bon nombre de salariées, à commencer par Jeanine Caillot déléguée CGT. « On souhaiterait que les politiques s'intéressent aussi à nous. Ils se sont décarcassés afin de trouver des repreneurs pour Yssingeaux, alors qu'on en profite ». Vendredi, les anciennes petites mains du Teil en Ardèche, dont l'usine a fermé en décembre 2010, sont venues soutenir « les copines » du Rhône. « On n'a pas eu la chance d'avoir un ministre en Ardèche, ironise Saloua », en référence au ministre de la recherche et élu de Haute-Loire Laurent Wauquiez, très actif pour les salariés d'Yssingeaux. « Que font les politiques pour garder notre travail en France ?, s'emporte Nicole Mendez de la CFDT. Ils se bougent au coup par coup, uniquement en période de campagne présidentielle ».

des promesses

Nicolas Sarkozy, qui a reçu vendredi des salariées d'Yssingeaux, a promis de s'occuper des employées des autres sites. «Nous avons beaucoup parlé de Rillieux», a assuré le ministre et maire du Puy-en-Velay Laurent Wauquiez.