Des vœux présidentiels de campagne

Caroline Girardon

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Nicolas Sarkozy a regretté les délocalisations et a insisté sur l'allégement du coût du travail.
Nicolas Sarkozy a regretté les délocalisations et a insisté sur l'allégement du coût du travail. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Son mandat n'est pas encore fini. Mais Nicolas Sarkozy, en déplacement hier à Lyon pour présenter ses vœux au monde économique, s'est subtilement glissé dans la peau du candidat à la Présidentielle, son discours improvisé prenant alors des allures de programme de campagne. « J'ai été élu Président de la République pour 5 ans et je travaillerai jusqu'à la dernière minute de mon mandat, a insisté le Chef de l'Etat. Contre le chômage, on n'a pas tout essayé. La fatalité ne fait pas partie de mon vocabulaire ». Devant un parterre de chefs d'entreprise, Nicolas Sarkozy enchaîne les idées et déplore les délocalisations. « Il faut alléger le coût du travail pour que la France reste une terre de production, poursuit-il. Est-ce qu'on veut vider le pays de son sang industriel ? En 15 ans, nous avons perdu un demi-million d'emplois industriels. On oublie une chose : si on reste comme on est, les délocalisations continueront ».

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Chaleureusement applaudi par les 4 000 personnes invitées à Eurexpo, le Président de la République confirme la création d'une banque réservée aux industriels et la régionalisation du FIS (Fonds de soutien aux industries). Des mesures qui ont fait sourire les élus socialistes, à la fin du discours présidentiel. « Tout cela arrive bien tard, regrette le Président de Région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne. Son quinquennat est celui des occasions perdues. On n'a pas attendu qu'il parle de ces mesures, en Région nous avons déjà fait le boulot en créant par exemple un fonds de solidarité pour les entreprises ». Pour Gérard Collomb, le maire PS de Lyon, Nicolas Sarkozy « n'a fait que des constats sans annoncer aucune proposition. On ne peut pas critiquer les autres sans proposer quelque chose de plus fort ». A l'inverse, Michel Havard, député UMP du Rhône, estime qu'il y avait de la « lucidité sur la situation actuelle et les actions à mener. Beaucoup d'hommes politiques avant lui n'ont pas eu le courage d'en faire autant ».