Le Rhône pilote en la matière

Caroline Girardon

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Roselyne Bachelot a salué des bénéficiaires de contrats uniques d'insertion.
Roselyne Bachelot a salué des bénéficiaires de contrats uniques d'insertion. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

A 56 ans, Dominique n'a jamais baissé les bras. Licencié à cinq reprises pour des raisons économiques, le quinquagénaire a dû s'adapter pour retrouver à chaque fois un emploi. Ce qui a forcé hier l'admiration de Roselyne Bachelot, la ministre des solidarités et de la cohésion sociale venue rencontrer les bénéficiaires du contrat unique d'insertion. Outilleur de formation, Dominique a ensuite travaillé dans l'isolation, puis est devenu agent technique et commercial avant d'ouvrir quelques années plus tard un restaurant avec son épouse. Divorcé, l'homme s'est ensuite retrouvé dans une situation très précaire, ayant uniquement le RSA comme source de revenu.

200 contrats d'ici à fin 2012
« Depuis 14 mois, tout a changé, explique-il. Grâce à l'association Rhône Insertion Environnement je bénéficie d'un contrat unique d'insertion de 30 heures par semaine et travaille dans les espaces verts. C'est indispensable pour se relancer dans la vie ». Jean-Luc en contrat depuis 3 mois est tout aussi dithyrambique. Ce père de famille de 4 enfants, reconnu comme travailleur handicapé à la suite d'une longue maladie a repris goût au travail. « Ça m'a redonné la pêche, dit-il. C'est un bon tremplin pour repartir du bon pied ». Les Rhodaniens vont pouvoir désormais bénéficier du même type de contrat mais avec cette fois-ci une durée de travail de 7 heures hebdomadaires. 8 ont été signés hier matin par la ministre, le Rhône faisant ainsi partie des 16 départements pilotes qui expérimenteront ce dispositif durant un an. « Ces contrats-là s'adressent aux allocataires du RSA les plus fragilisés et les plus éloignés de l'emploi », résume le conseil général. Il s'agit par exemple de personnes qui n'ont pas de permis de conduire, de diplômes ou qui n'ont pas travaillé depuis 15 ans. « Ces contrats doivent leur permettre d'avoir une activité aménagée et de leur redonner confiance », précise Roselyne Bachelot. L'objectif est d'en réaliser 200 dans le Rhône d'ici à la fin de l'année 2012.

le Rhône bon élève en matière d'insertion

Sur les 52 000 allocataires du RSA dans le Rhône, 100 % sont suivis par un référent et 60 % exercent une activité. « C'est deux fois plus qu'au niveau national », précise Roselyne Bachelot. L'an dernier, le conseil général a consacré 199 millions d'€ à l'insertion en 2011 dont 169 millions pour le versement du RSA et 12 millions dans les contrats aidés.