« on ne peut vraiment plus attendre »

Caroline Girardon

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Les riverains sont souvent incommodés la nuit lorsque les poids lourds roulent à vive allure.
Les riverains sont souvent incommodés la nuit lorsque les poids lourds roulent à vive allure. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

L'été, ils n'ouvrent plus les fenêtres, trop incommodés par le bruit et les odeurs de gaz d'échappement. La nuit, les klaxons des camions les empêchent de dormir. Excédés par les nuisances à répétition, les riverains de l'autoroute A7 qui traverse la ville de Lyon ont décidé de se fédérer au sein d'une association, l'ARALY, et réclament désormais le déclassement de l'autoroute, sur la portion reliant Oullins au tunnel de Fourvière. « On en a marre, lâche Gérard Dutal, habitant du cours Verdun (2e). Depuis des années on nous mène en bateau en nous promettant le déclassement dès que le TOP (tronçon Ouest du périphérique qui contournera l'agglomération) sera achevé. Seulement ça risque de prendre 15 ans et nous, on ne peut vraiment plus attendre ». Las, Grégory a lui aussi rejoint l'association. « Le soir, lorsqu'il n'y a plus d'embouteillages, les poids lourds en profitent pour circuler à vive allure. Ça fait trembler les murs, raconte le jeune homme. Toute la nuit, on est gêné par les vibrations de la porte de notre chambre. On a refait l'appartement à neuf, il y a trois ans et les murs commencent déjà à se fissurer».

En faire un boulevard urbain
Jacqueline qui vit à proximité de l'entrée sud du tunnel déplore « en permanence une couche de gras » sur son balcon ». « C'est devenu infernal, regrette Grégory. Je n'imaginais pas de tels désagréments quand je suis venu habiter ici ». « A cause de ces nuisances, le quartier de Perrache a beaucoup perdu de sa valeur, constate Françoise Humbert, présidente de l'association. Les immeubles valent désormais deux fois moins chers et les commerces sont partis ». Aujourd'hui, les riverains réclament la transformation de cette portion d'autoroute en boulevard urbain qui permettrait d'abaisser la vitesse à 70 km/h. « Pas question d'interdire les voitures, se défend Françoise Humbert. On souhaite seulement une circulation apaisée ». « Ça réduirait considérablement le nombre de camions », poursuit Gérard Dutal. La Préfecture, décisionnaire dans la réalisation des contournements autoroutiers de l'agglomération, a fait savoir que l'A7 ne serait pas déclassée avant la construction du TOP.