La circulaire Guéant menace la caserne

Caroline Girardon

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Le réaménagement de la caserne risque de prendre du retard.
Le réaménagement de la caserne risque de prendre du retard. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

La nouvelle leur a fait l'effet d'une bombe, et les élus du Grand Lyon n'en reviennent toujours pas. Juste après les vacances de Noël, ils ont compris que le réaménagement de la caserne Sergent Blandan en parc allait certainement prendre plus de temps que prévu, voir être potentiellement bloqué plusieurs semaines. La raison de ce soudain contretemps : le chef de projet est menacé d'expulsion. Le jeune homme en question, Diego Romero, d'origine équatorienne, âgée de 29 ans, vit en France depuis 10 ans et a étudié plusieurs années entre Rhône et Saône. A Lyon, il a d'abord entamé un double cursus d'architecte et d'ingénieur au sein de l'INSA et de l'école d'architecture de Vaulx-en-Velin. Diplôme en poche, il a ensuite intégré l'école d'architecture de Paris Val-de-Seine et commencé à travailler en stage puis en alternance pour l'agence de paysagiste Base.

Son frère a été naturalisé
« L'été dernier lorsqu'ils m'ont proposé un CDI, j'ai déposé une demande de changement de statut à la Préfecture pour passer d'étudiant à salarié, explique le jeune architecte. C'est à ce moment que les choses se sont compliquées ». Se référant à la circulaire Guéant qui restreint le droit de travail aux étudiants étrangers, la Préfecture a émis un avis négatif le 6 janvier et lui a interdit de travailler. « Il a jusqu'au 15 mai pour réunir des pièces supplémentaires sous peine d'expulsion, précise Gilles Buna, vice-président du Grand Lyon en charge de l'urbanisme. C'est incompréhensible d'autant qu'il est pacsé avec une Française et que son frère a été naturalisé ». « Diego le vit comme une injustice, raconte Bertrand Vignal, co-gérant de l'agence Base. Il est multi-diplômé. Il est à fond sur ce projet depuis un an. Personne ne connaît mieux le dossier que lui . C'est le bras armé du projet ». L'agence a dû se réorganiser en urgence, et faire appel à une remplaçante. « Cette situation est totalement absurde à un moment aussi décisif », lâche Bertrand Vignal. En attendant le maire de Lyon a écrit au Préfet afin d'accélérer les démarches. « On ne peut pas attendre 5 mois. Le projet doit avancer », conclut Gilles Buna.