Les donateurs d'Iran-Aideincités à porter plainte

©2006 20 minutes

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Plusieurs donateurs lyonnais de l'association caritative Iran-Aide, qui soutient les victimes du régime iranien, ont été longuement interrogés fin avril à l'hôtel de police de Lyon par des membres de l'Office central de répression de la grande délinquance financière. Agissant sur commission rogatoire des juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, les policiers enquêtent sur le financement de l'Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI), des opposants au régime islamique, classée terroriste depuis 2002 par l'Europe et les Etats-Unis. Et ils soupçonnent Iran-Aide d'avoir reversé des fonds à l'OMPI.

« Les policiers ont surtout insisté pour que je porte plainte contre Iran-Aide pour escroquerie », explique à 20 Minutes l'un des donateurs lyonnais auditionné. « Je ne l'ai pas fait. Car même si la version policière se révèle exacte, j'ai toujours eu en tête de participer à une action de résistance », explique cet universitaire qui a versé plusieurs milliers d'euros à Iran-Aide en six ans, notamment pour la construction d'une école. Une trentaine de personnes auraient ainsi été entendues en France et incitées à déposer plainte. « C'est une pression intolérable. Les accusations d'escroquerie reposent sur un dossier vide », estiment « les amis d'Iran-Aide », qui entendent faire reconnaître l'action caritative de l'association dissoute en 2004.

Frédéric Crouzet

Cette enquête fait suite à la découverte de 8 millions de dollars en liquide au siège de l'OMPI à Auvers-sur-Oise en 2003. Le 17 juin, 200 personnes, dont la dirigeante de l'organisation Maryam Radjavi, avaient été arrêtées lors d'une opération de la DST. L'OMPI était accusée de préparer des attentats à l'étranger.