Urgence : les humanitaires se rodent

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Retour à la normale au pays imaginaire du Boubakistan. La quarantaine de bénévoles de la Croix-Rouge française, engagés dans les Equipes de réponses aux urgences humanitaires (ERU), est venue à bout de sa mission, au cours d'une manoeuvre grandeur nature organisée jusqu'à hier au parc de Miribel-Jonage. Malgré un scénario rempli d'incidents et de pièges, ces « forces spéciales » ont réussi à déployer des moyens sanitaires et logistiques au Boubakistan, pays fantoche réputé instable. Ils ont apporté les premiers secours à la population locale, jouée par une centaine de bénévoles de l'association, frappée par le choléra après d'importantes inondations. « Quelques soucis de communication ont été mis en exergue à la fin de l'exercice... Aujourd'hui, on est tous prêts à partir ou repartir en manoeuvre à l'étranger », indique Guillaume Loý, porte-parole local de la manoeuvre et équipier ERU. Spécialisés dans la santé, la logistique, l'assainissement ou les télécoms, ils ont immédiatement été mis en condition de stress tout au long du week-end. Les tentes de soins à peine installées, une vingtaine de malades, le visage livide, arrivent en même temps au camp. « Quelques cas de rougeoles et une quinzaine de cas de choléra », diagnostique Vincent Elmer, coordinateur de l'ERU médicale, déjà parti en Côte-d'Ivoire en 2004. Un peu plus loin, une autre équipe se charge d'assainir l'eau. Une dizaine de personnes attendent, assoiffées. Certains équipiers décident de partir à la recherche de camps de réfugiés, le réseau de télécommunications étant rétabli. Mais aux barrages, des militaires ne les laisseront pas partir sans bakchichs. « Cet exercice nous permet de continuer à travailler en équipe et d'être confrontés à des problèmes qu'on ne verrait pas dans les livres », note le coordinateur.

Carole Bianchi

La Croix-Rouge française a lancé un projet ERU en 2002. Depuis, 170 volontaires forment ces unités, déjà déployées en Indonésie après les tsunamis.