La vie de bidonville en bidonville

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Le décor a changé mais leur vie reste la même. Trois jours après avoir évacué sous la contrainte leur campement sauvage de Vénissieux, une quinzaine de familles, originaires de Roumanie et d'ex-Yougoslavie, se sont aménagées un gigantesque abri de fortune tout près de là, sur un terrain vague de Saint-Priest. A deux pas des habitations et quelques kilomètres seulement d'un autre bidonville installé sur la commune depuis plusieurs mois. Nicou, 24 ans, fait partie de la centaine de personnes (dont une soixantaine d'enfants) qui vivent ici sans eau ni électricité, au milieu des amas de tôles, de planches en bois et de volets, entassés pour bâtir de petites habitations. Depuis qu'il a quitté la misère de la Roumanie, il se satisfait du peu qu'il trouve en France. « Je mange tous les jours et je gagne de l'argent, ce qui n'était pas possible chez-moi », témoigne ce jeune homme qui, depuis plusieurs mois, vogue de bidonvilles en squats au gré des expulsions. « Du fait de leur origine, aucun dispositif n'est prévu aujourd'hui pour aider ces personnes considérées comme des touristes », souligne Nicolas Molle de l'Association lyonnaise pour l'insertion par le logement (Alpil). « On voit bien que les ignorer ne sert à rien. Ces familles restent quand même en France. Car chez eux, leur vie est pire », ajoute Marion Gachet de Médecins du monde, soucieuse que des initiatives locales émergent pour venir en aide aux réfugiés. Un souhait partagé par le 1er adjoint PS de Saint-Priest, Henri Pacalon, agacé par l'inertie de la préfecture dans cette affaire. « A Nantes, les autorités ont aménagé une aire d'accueil pour ces familles. C'est la preuve qu'il existe des solutions », conclut l'élu.

E. F.

L'Alpil dénombre actuellement quatre « bidonvilles » sur l'agglomération lyonnaise. Deux sont recensés sur la commune de Saint-Priest et deux autres sur des terrains vagues de Corbas et Bron.