« On démolit ces enfants, ils souffrent »

Caroline Girardon

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Audrey et Loïc ont saisi la justice en 2008, l'enquête continue.
Audrey et Loïc ont saisi la justice en 2008, l'enquête continue. — C. VILLEMAIn / 20 minutes

Leur histoire est incroyable que certains ont du mal à la croire. Depuis plusieurs années, Loïc et Audrey remuent ciel et terre pour protéger leurs enfants respectifs de leurs « bourreaux ». Tout commence en mars 2008 lorsque la petite Ophélie*, alors âgée de 5 ans, raconte à son père Loïc que le nouveau compagnon de sa maman et d'autres adultes lui piquent quotidiennement des aiguilles dans le corps, l'anus et les parties génitales. « Elle me décrit régulièrement et très précisément des séances auxquelles elle est contrainte d'assister, où les gens affublés de grandes robes parlent une langue qu'elle ne comprend pas », raconte Loïc qui a porté plainte quelques mois plus tard pour maltraitance et agressions sexuelles, certificats médicaux à l'appui (que 20 Minutes a consultés ). Depuis, l'instruction suit son cours. « Je constate une inertie totale de la justice, déplore Christophe Bruschi, l'avocat de la famille. On se heurte à un véritable mur. Personne ne semble les prendre au sérieux. C'est incompréhensible. »

Démunis face à la justice
Martin*, le fils d'Audrey, est âgé de 5 ans et vit avec son père, qui aurait été contacté par la mère d'Ophélie. Martin subit les mêmes sévices que la fillette. A une différence près : on le piquerait aussi sur le visage, raconte sa mère. « Pourquoi ne retire-t-on pas ses enfants ? On a toutes les preuves nécessaires, s'interroge Françoise Pradet, présidente de l'association Enfance Majuscule à Annecy, partie civile dans le dossier. Ils continuent de souffrir, on les démolit ». Sabine Soulhac, psychopédagogue, présidente de l'association Entraide aux Victimes d'Abus, a rencontré Ophélie à plusieurs reprises. « Elle faisait des dessins très réalistes montrant d'immenses aiguilles et un homme les enfonçant dans une petite fille. Au début, elle se cachait même sous le fauteuil », explique-t-elle, avouant que c'est la première fois qu'elle a connaissance de telles pratiques relevant, selon elle, de la « pédophilie à caractère sectaire et sataniste ». La Miviludes, mission antisectes, a indiqué à 20 Minutes qu'elle n'avait pas connaissance de telles pratiques en France mais qu'elles existent en Belgique, aux Etats-Unis et au Japon. * Prénoms d'emprunt.