Les stocks des buralistes se consument

Jérôme PAgalou

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La pénurie de cigarettes menace Lyon d'ici à Noël si la grève d'Altadis se poursuit à Mions.
La pénurie de cigarettes menace Lyon d'ici à Noël si la grève d'Altadis se poursuit à Mions. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Le casse-tête ne fait peut-être que débuter. Les buralistes de la région lyonnaise, non livrés en cigarettes par Altadis (Mions) depuis vendredi dernier et une grève lancée par la CGT, ont de quoi être inquiets. Aujourd'hui, le mouvement du groupe ayant le monopole de la distribution du tabac en France pourrait être prolongé jusqu'à Noël. « Ils sont en train de couper la branche sur laquelle ils sont assis », regrette l'un des commerçants lyonnais, conscient que certains de ses confrères préfèrent fermer leur établissement depuis hier en raison de cette pénurie de tabac. Et ce jusque dans la Presqu'île. « Les cigarettes rapportent entre 3 000 et 4 500 euros par jour, soit la moitié de mon chiffre d'affaires. Je vous laisse imaginer mon manque à gagner en cas de rupture de stock », explique l'un des buralistes du centre-ville lyonnais, soulagé d'avoir reçu une livraison de 40 000 euros de tabac juste avant la grève. Il refuse tout de même de dépanner les établissements voisins, ne sachant pas comment évoluera la situation dans les prochains jours.

Le service de dépannage pris d'assaut à Mions
« Je pense qu'il me sera très difficile de tenir jusqu'à Noël », redoute de son côté Michel Jacob, qui remarque de nouveaux clients dans son tabac de Saint-Priest, en raison de la fermeture de certains voisins. Altadis a certes mis en place un service de dépannage à Mions hier. Mais Michel Jacob n'a pas eu la patience d'attendre… environ six heures pour y obtenir un ravitaillement d'urgence. « Sans compter les risques de braquage que nous subissons en ramenant plusieurs centaines de cartouches de là-bas… », soupire un autre buraliste, qui n'avait jamais connu pareille galère à Lyon. Cette inquiétude croissante n'a pas encore saisi les fumeurs lyonnais, même si certains ont fait des provisions en achetant une cartouche plutôt qu'un paquet hier. « Si la pénurie de cigarettes se confirme, c'est peut-être un signe pour que j'arrête de fumer », sourit même Julien.