La gendarmerie fait ses réserves

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Quinze jours pour devenir gendarme... ou gendarmette. Pendant les vacances de Pâques, près de 170 jeunes Rhônalpins, dont une cinquantaine de femmes, effectuent leur préparation militaire gendarmerie au camp de la Valbonne, dans l'Ain. Ces jeunes de 17 à 30 ans, étudiants pour la plupart , sont formés pour devenir les futurs réservistes de la gendarmerie. Ils viendront renforcer les brigades et formeront des unités spécifiques, notamment lors de manifestations sportives ou culturelles de grande ampleur. Exercices de tir à balles réelles, apprentissage des techniques d'intervention, ou initiation aux premiers secours, la formation est intensive. Levés à 5 h 30, ils alternent cours pratiques et théoriques de 7 h 30 à 18 h. « Physiquement, c'est lourd », raconte Lucie, 20 ans, en formation d'éducateur sportif. Charlène, une étudiante en commerce de 21 ans, hésite encore à en faire son métier. « En tant que réserviste, je pourrai déjà travailler en dehors des cours pour gagner un peu d'argent », confie-t-elle. Si elles réussissent leur examen vendredi, les deux jeunes filles deviendront gendarmes adjoints de réserve et gagneront entre 40 et 50 e par jour. « La gendarmerie a besoin de femmes. Elles apportent un côté social important lorsqu'on est face à des dépôts de plainte pour viol, par exemple, estime Didier Crussière, un des instructeurs. Et puis les filles sont des battantes. Dans ce stage, il y en a qui sont capables de diriger un groupe de vingt bonhommes sans problème. » La gendarmerie veut désormais augmenter le nombre de réservistes. Rhône-Alpes en compte aujourd'hui 1 600. En 2012, il en faudra dix fois plus.

Cloé Makrides

Près de la moitité des jeunes sont venus avec l'envie de faire une carrière dans la gendarmerie, et seuls 11 % pour devenir réservistes. 46 % sont issus de familles de militaires. L'âge moyen est de 20 ans.