Nouveaux déboires pour le César

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L'Homme de la Liberté est fatigué. Posé place Tolozan (1er) depuis 1992, la statue du célèbre sculpteur César, représentant un patineur ailé en équilibre sur une jambe, menace de tomber à la renverse.

Depuis une semaine, l'oiseau d'acier, qui pèse 5 tonnes pour 4,74 m de haut, est ceinturé de barrières de sécurité. « C'est une mesure conservatoire prise sur les conseils d'un expert. Des fissures sont apparues sur la cheville de la jambe d'appui », indique la mairie de Lyon. En attente de nouvelles expertises, la ville ne se prononce pas sur un calendrier des travaux. Une chose est sûre pour la mairie : ce sera au propriétaire de l'oeuvre de régler la facture. Le vieillissement de la statue risque donc d'être une tuile de plus pour le restaurateur Michel Guerret, propriétaire de la Chaîne thermale du soleil, qui avait acheté l'oeuvre aux enchères en 1999 pour 507 000 euros. Sept ans après son acquisition, il ne peut toujours pas disposer de son bien. Le chef étoilé, ami de César, voulait en effet déboulonner la statue afin de l'exposer dans ses établissements. Mais l'association Sauvegarde et embellissement du Vieux-Lyon, ainsi que des élus, s'y étaient opposés. Au terme d'une longue saga juridique, la cour d'appel de Paris a finalement donné raison aux opposants en février dernier. La statue étant installée dans un secteur protégé, elle ne peut être déplacée sans l'autorisation de la ville et de l'architecte des Bâtiments de France. La mairie a toujours fait savoir qu'elle n'autoriserait jamais un déménagement de la statue. Même en mauvais état.

F. C.

Cette statue avait, à l'origine, été achetée par le promoteur de l'immeuble voisin Le César, qui a ensuite été placé en liquidation judiciaire. Il avait voulu l'offrir à la ville de Lyon, qui n'a jamais entériné ce don.