« c'est une véritable tragédie »

Elisa Frisullo

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L'heure était à la tristesse et au recueillement hier dans les casernes du Rhône, au lendemain du décès tragique de David Gutty, sapeur-pompier à Saint-Priest et de ses trois enfants. Dimanche, vers 17 h 30, cette famille circulait sur un petit chemin privé de la commune Le Breuil dans le Beaujolais lorsque leur voiture a été violemment percutée par un TER sur un passage à niveau « non protégé », selon les autorités. Le train qui circulait à vide roulait à 100 km/h. Le capitaine de 37 ans et ses enfants de 3 mois, 5 et 7 ans ont été tués sur le coup. La mère de famille, âgée de 32 ans, a été hospitalisée à Villefranche dans un état critique. Elle était toujours dans le coma hier. « Tout le monde est abasourdi, sous le choc. C'est une véritable tragédie humaine pour cette famille et pour tout le corps des sapeurs-pompiers. Il venait d'avoir un troisième enfant, il était heureux et tout a été fauché par la fatalité », a réagi hier matin Serge Delaigue, directeur départemental des pompiers du Rhône. Dès le soir du drame, une cellule psychologique a été mise à disposition des proches des victimes, mais également des pompiers de Létra, petite commune proche du lieu de la collision où vivait la famille. Et où comme son père, David Gutty, également maître-chien, était pompier volontaire depuis des années. « Ce sont ses collègues qui l'ont découvert, lui et sa famille, le soir du drame. C'est la pire situation humaine qu'un pompier puisse vivre », a souligné le commandant Christophe Serre.

« Une carrière exemplaire »
A Saint-Priest, où le capitaine était affecté depuis 2009, l'émotion était également très forte hier dans la caserne où les collègues de David ont souhaité garder le silence. « C'est tellement atroce. Il nous faut du temps pour faire notre travail de deuil », a expliqué avec tristesse le colonel de la caserne. Le père de famille, qui a commencé sa carrière de pompier professionnel en 1997 à Lyon « était très apprécié, poursuit le colonel Delaigue. C'était quelqu'un de très posé, gentil, capable de commander avec efficacité et humanité. Il avait gravi tous les échelons, faisant une carrière exemplaire ».

un précédent sur ce passage en 1999Selon RFF, un automobiliste a été tué dans une collision avec un train en janvier 1999 sur ce même passage à niveau. « Mais les circonstances étaient différentes, précise le propriétaire des voies. A l'époque, 26 trains par jour circulaient sur cette ligne. Aujourd'hui, il y en a 7 ». En 10 ans, aucun autre accident n'a été déploré. Le croisement n'a pas non plus été protégé.