le pS a épluché les finances

élisa Frisullo

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Thierry Philip, conseiller général PS.
Thierry Philip, conseiller général PS. — c. villemain / 20 minutes

Les finances du conseil général du Rhône ont-elles été mises à mal par les emprunts toxiques? C'est ce qu'affirment les élus du groupe socialiste et apparentés de l'assemblée départementale, qui ont présenté hier un rapport détaillé sur « l'état préoccupant des finances du conseil général ». Ces derniers mois, l'opposition a épluché la liste des emprunts contractés par la collectivité, avec l'aide d'un spécialiste de la finance et élu PS, Emmanuel Fruchard.

Bataille de chiffres
Selon ce rapport, Michel Mercier, président du conseil général, «a été imprudent », indique le chef de file du PS, Thierry Philip, estimant à 400 millions d'euros le surcoût lié à ces emprunts dont les taux d'intérêt fluctuent en fonction des cours de change de différentes monnaies. Soit treize années du budget logement du département ou deux ans des sommes allouées au revenu de solidarité active. L'étude réalisée porte sur les 23 prêts contractés par le Rhône entre mars 1999 et décembre 2010. Sept d'entre eux sont des prêts toxiques, souscrits auprès de Dexia, dont cinq « très toxiques », selon Emmanuel Fruchard, qui établit à 430 millions d'euros le montant de ces crédits. Des prêts dont le taux initial varie de 1,75 % à 4,4 %. Puis grimpe au bout de quelques années pour atteindre aujourd'hui 7 % à 13 %.
Une projection très éloignée des chiffres communiqués lundi par Michel Mercier sur ce sujet. Ce dernier estime à 30 millions d'euros les frais liés à la dette. Et se félicite d'« avoir gagné 44 millions d'euros en 2011 » sur le paiement des intérêts de ces emprunts structurés. « Mais c'est le principe de ces prêts. Le taux est bonifié au début et toxique ensuite », réagit Thierry Philip, qui estime que les taux devraient exploser entre 2014 et 2019. Sur cette période, ils pourraient grimper jusqu'à 18 % , voire frôler les 40 % selon le scénario le plus pessimiste.

requêtes

Le PS demande à Michel Mercier de renégocier les prêts avec Dexia et d'attaquer la banque pour « défaut d'informations ». Une convention avec Dexia sur la sortie de ces prêts « structurés » doit être présentée le 19 décembre à l'assemblée départementale.