les enfants roms encore à rude école

Elisa Frisullo

— 

A la suite de récentes expulsions, 54 enfants sont privés d'école selon les associations.
A la suite de récentes expulsions, 54 enfants sont privés d'école selon les associations. — c. villemain / 20 minutes

L'intégration des Roms passe par l'école. C'est ce message qu'a adressé hier matin au préfet du Rhône l'association Classes, mobilisée pour la scolarisation des enfants des squats. Fin septembre, le préfet Carenco avait refusé l'entrevue réclamée par les associations après une série d'expulsions observée dans le Grand Lyon. « Si elles veulent faire de la politique, qu'elles ne comptent pas sur moi. Mais si les associations veulent faire de l'insertion, je veux bien les écouter », avait alors déclaré le préfet. Le message a été entendu. « Nous avons dit à Jean-François Carenco que sans école, il n'y pas d'intégration possible. Or les expulsions empêchent la scolarisation des enfants », a expliqué Elisabeth Gagneur, de Classes, à sa sortie de la préfecture.

Des enfants demandeurs
En 2006, cette dernière était parvenue à faire scolariser les premiers Roms. Peu demandeurs au début, les parents ont aujourd'hui « un attachement considérable à l'école », selon l'association. « Dans ma classe à la Croix-Rousse, une petite fille vient chaque jour de Vaulx-en-Velin. Elle est à l'heure, même lorsqu'elle a passé la nuit dehors. Elle a un super niveau scolaire et est très demandeuse », témoigne Mireille Peloux, enseignante et militante RESF. Sur les 240 enfants suivis par Classes, 135 vont à l'école ou au collège. « Mais 54 enfants ont cessé d'y aller suite à une récente expulsion », déplore Elisabeth Gagneur. Cette dernière, tout comme le Secours catholique, la Ligue des droits de l'homme et ATD Quart-Monde, a donc remis au préfet une pétition signée par 3 500 personnes réclamant un moratoire sur les expulsions. Elle a également demandé le maintien de la scolarisation pendant la trêve hivernale qui débute le 3 novembre. Sur ce point, la préfecture se veut rassurante. « Nous avons demandé à l'inspection académique un renfort des effectifs enseignants là où des centres d'hébergement vont accueillir des familles cet hiver », a t-elle assuré.