David Metaxas, avocat de la famille.
David Metaxas, avocat de la famille. — C. villemain / 20 minutes

Lyon

La famille d'une gendarme morte à Lyon porte plainte

enquête Depuis le 24 septembre, la thèse du suicide est privilégiée

Officiellement, la gendarme Myriam Sakhri s'est donné la mort, le 24 septembre, avec son arme de service dans son logement de la caserne Delfosse (2e). Mais près d'un mois après le drame, ses proches peinent toujours à croire à la thèse du suicide. Par le biais de leur avocat, David Metaxas, ils ont donc déposé plainte contre X mercredi à Lyon pour « homicide volontaire, involontaire, harcèlement moral et provocation au suicide ».

Deux enquêtes en cours
« Aujourd'hui, mes clients, sœurs et beau-frère de la victime, doutent de tout. Y compris du fait que cette jeune femme à la vie sociale épanouie, morte d'une balle en pleine poitrine, ait tiré », indique l'avocat. Leurs interrogations sont liées aux « injures à caractère raciste, aux actes d'intimidation et au harcèlement » dont la jeune gendarme se disait victime depuis plusieurs mois « de la part de certains de ses collègues ». En juillet dernier, puis quelques jours avant sa mort, elle avait même contacté l'Association de défense des droits des militaires pour se plaindre de sa « souffrance au travail ». Autre fait troublant selon ses proches, la gendarme, qui venait de réussir le concours d'officier de la police judiciaire et avait débuté une formation, avait pris contact avec un avocat lyonnais en vue de déposer plainte pour harcèlement moral, deux jours avant sa mort. Preuve, selon eux, qu'elle avait envie de se battre. « Cette famille demande simplement que toute la lumière soit faite sur cette mort brutale, sur ces faits de harcèlement. Mais aussi sur l'absence de soutien de sa hiérarchie, qui a été alertée par Myriam à deux reprises mais n'a rien entrepris derrière », ajoute David Metaxas. Au moment des faits, la gendarmerie avait confirmé le suicide mais n'avait pas souhaité commenter les accusations de harcèlement.
Fin septembre, l'inspection générale de la gendarmerie a été saisie de deux enquêtes dans le cadre de cette affaire. L'une pour recherche des causes de la mort, l'autre pour harcèlement.