Le trafic sncf paralysé après l'agression d'un agent

élisa Frisullo

— 

Peu de trains circulaient hier.
Peu de trains circulaient hier. — c. villemain / 20 minutes

Des centaines de voyageurs en attente à la Part-Dieu et à Perrache, des trains annulés les uns après les autres. Hier soir, la circulation des TER, corails et TGV était fortement perturbée en Rhône-Alpes en raison du droit de retrait exercé par les contrôleurs SNCF dès le début de l'après-midi.

Des agressions en hausse à Lyon
La quasi-totalité des agents ont « posé leur sac » par solidarité envers leur collègue, poignardé hier matin par un passager dans un corail circulant entre Lyon et Strasbourg. « L'agression de trop » pour les contrôleurs de Lyon, Valence et Saint-Etienne mobilisés depuis des mois pour dénoncer « la hausse de l'insécurité à bord des trains et l'absence de mesures de leur direction pour y remédier ». Depuis début 2011, 115 agents ont été agressés, selon Sud-Rail, dans la région lyonnaise, contre 100 sur toute l'année 2010. « Il ne se passe pas une semaine sans qu'un agent ne se fasse insulter ou prendre à partie physiquement, insiste Stéphane Boulade de Sud-Rail. En réponse, la SNCF augmente le trafic et supprime le deuxième contrôleur dans les trains à risque ».
A Lyon, les agents avaient déjà exercé leur droit de retrait en mai après l'agression d'un des leurs. « Mais nous n'avons rien obtenu depuis, si ce n'est la suppression des contrôleurs sur les lignes de l'Ouest Lyonnais, ajoute Laurent Brun, de la CGT Cheminots. Il va falloir qu'un agent se fasse quasiment tuer pour que la SCNF prenne cons­cience du malaise dont nous l'alertons depuis des mois ». Les syndicats réclament le maintien d'un contrôleur dans chaque train et de deux agents sur les lignes de la Vallée du Rhône «les moins sûres» et les trains de nuit. Ils attendaient hier les mesures prévues par leur direction pour déterminer la suite de leur mouvement. La SNCF a affrété des cars dans l'après-midi pour assurer un trafic minimum dans la région.