des roms recueillis par un curé

Elisa FRisullo

— 

Sept familles sont hébergées dans ce parking de la paroisse Saint-Antoine depuis mercredi dernier.
Sept familles sont hébergées dans ce parking de la paroisse Saint-Antoine depuis mercredi dernier. — c. villemain / 20 minutes

Mélissa a 4 ans et autant d'années de vagabondage derrière elle. Cette fillette fait partie des 43 Roms, dont une moitié d'enfants, hébergés depuis le 21 septembre dans la paroisse Saint-Antoine à Gerland (7e). Ces familles erraient dans le quartier depuis leur expulsion d'un campement lyonnais et s'étaient réfugiées sur un parking près de l'église. « C'était une question de bons sens. Le jour où je les ai vues, il pleuvait à verse et je savais que l'église était libre la nuit », explique Matthieu Thouvenot, jeune curé de la paroisse. Après quelques nuits dans l'édifice, les familles ont ensuite gagné le parking souterrain réservé aux prêtres, où elles vivent sous des tentes.

Une « possible insertion »
Parmi elles, Larisa « profite » avec sa fille Mélissa de ces journées à l'abri. Elle a quitté la Roumanie il y a plusieurs années pour s'installer en France. Et a connu depuis les squats de différentes villes, dont six à Lyon en l'espace de quelques mois. « Mais à chaque fois, on est expulsé », raconte-t-elle, déterminée malgré tout à rester ici. Car en Roumanie, la vie est loin d'être paisible pour ces familles. « Nous, les Tsiganes, sommes victimes de racisme. On ne peut pas aller à l'école, pas travailler », explique Florin, 16 ans. Cet adolescent arrivé récemment en France, après des années en Italie où il a été scolarisé, « rêve » de « décrocher un diplôme pour pouvoir travailler et avoir une maison ». Un espoir accessible selon Matthieu Thouvenot, qui veut croire en une « possible insertion » pour ces familles. « Elles veulent s'en sortir. On peut montrer autre chose que la fatalité des expulsions », explique le prêtre, qui a proposé aux Roms de rester un mois à l'abri. Le temps, selon lui, de chercher des solutions de logement et des pistes de travail pour ces familles, avec l'aide du secours catholique.

pétition

Le préfet ayant refusé de les recevoir, les membres du collectif Classes mobilisé pour la scolarisation des enfants Roms ont mis en ligne une pétition, déjà signée par plus de 600 personnes, pour dénoncer la « chasse » aux Roms perpétrés dans le Grand Lyon depuis mi-septembre.