désillusion pour les jeunes profs

Pauline PELLISSIER

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Les jeunes professeurs ont vivement dénoncé hier leurs conditions de rentrée.
Les jeunes professeurs ont vivement dénoncé hier leurs conditions de rentrée. — c. villemain / 20 minutes

Les jeunes en tête de cortège des profs en colère. Hier, les nouvelles recrues de l'Education nationale étaient fortement mobilisées lors de la manifestation « contre les suppressions de postes » qui a rassemblé entre 3000 et 4000 personnes à Lyon. Parmi elles, Lucie, Lucile et Marie ont fait leur première rentrée cette année. Et les premières difficultés se font déjà ressentir au quotidien. Institutrice à Vénissieux, dans un quartier difficile, Lucie a hérité d'une classe de CP de 27 élèves. « Alors que la limite est fixée à 25 dans les zones d'éducation prioritaire », dénonce-t-elle. Pour Lucile, c'est aussi le désenchantement. « Je n'ai pas voulu être instit pour avoir à gérer trois classes différentes », confie la jeune femme, qui doit chaque semaine se partager entre trois écoles du 3e arrondissement.

Dur de garder la foi
Un peu plus loin dans le cortège, Marie, agrégée en sciences et vie de la terre (SVT), « issue d'une famille de droite, anti-gréviste » participe à sa première manif. Elle s'est vue proposer un poste dans un collège dijonnais alors que son mari travaille à Lyon. « Ces allers-retours me prennent beaucoup de temps alors même qu'il manque des profs de SVT à Lyon », déplore-t-elle. « Il faut vraiment avoir une vocation, car on arrive avec plein d'idéaux sans imaginer la difficulté des conditions de travail », conclut une autre institutrice de Zep, banderole à la main.

très Peu d'enfants confiés à la ville

Le service minimum d'accueil ne rencontre pas un franc succès à Lyon. Ce dispositif, obligatoire pour les mairies les jours de grève très suivie, s'est traduit hier par l'ouverture de huit gymnases municipaux. Hier, les vacataires de la municipalité ont accueilli 408 écoliers, dont seulement deux au gymnase Jeunet (5e).