Des caméras sous surveillance

élisa Frisullo

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Trois agents se relaient en permanence aux manettes des caméras du centre de supervision urbaine de Lyon.
Trois agents se relaient en permanence aux manettes des caméras du centre de supervision urbaine de Lyon. — c. villemain / 20 minutes

Quelque 238 caméras en action, sept des neuf arrondissements couverts et 29 agents affectés au centre de surveillance urbaine. Dix ans après son lancement à Lyon, la vidéoprotection s'est largement développée et couvre désormais près de 10 % de la ville. Mais ses effets réels sur la délinquance, vivement remis en cause par les élus Verts, ne sont pas encore bien connus. Pour mesurer l'efficacité des caméras, le conseil municipal a validé lundi le lancement de recherches universitaires, dans le cadre d'un partenariat entre la ville, les universités Lyon-II et Lyon-III et l'école polytechnique de Lausanne. Pendant trois ans, un étudiant lyonnais, spécialisé dans la gestion des risques, consacrera sa thèse aux Etudes et à l'évaluation des effets et pratiques de la vidéoprotection en espace urbain. Avec, comme terrain d'analyse, la ville de Lyon entre 1999 et 2010.

Trois cents caméras d'ici à 2014
Annoncé en 2009 puis retardé, ce travail a, selon les élus communistes, été relancé après un récent rapport de la chambre régionale des comptes (CRC). En juillet, cette dernière avait souligné le manque « d'évaluation de l'impact spécifique de la vidéosurveillance sur l'évolution de la délinquance ». Entre 2003 et 2008, indiquait la CRC, la délinquance de proximité a ainsi diminué de 48 % à Villeurbanne, où le maire PS s'est toujours opposé au déploiement des caméras. Alors qu'à Lyon, les faits ont diminué de 33 % sur la même période. « La seule présence des caméras ne suffit pas à être dissuasive, admet Jean-Louis Touraine (PS), adjoint au maire chargé de la Tranquillité publique. Mais la vidéosurveillance a permis, en dix ans, de doubler le taux d'élucidation des faits et de renforcer la rapidité d'intervention des secours. »
La municipalité compte désormais sur les recherches pour adapter le dispositif, « là où cela apparaîtra le plus opportun ». Mais, avant même le début de l'étude, elle a prévu de déployer 62 nouvelles caméras d'ici à la fin du mandat. Le 8e, dépourvu de vidéosuveillance, sera équipé dans les quartiers Grand-Trou, Etats-Unis et Mermoz. Tout comme la place François-Mitterrand, au Confluent (2e). Entre 2008 et 2014, la ville aura investi 3 millions d'euros dans ce dispositif, dont 1 million financé par l'Etat.