Première victoire pour les anti-blocage

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Hier, le symbole lyonnais de la lutte anti-CPE, l'université Lyon-II, s'est partiellement effondré avec le déblocage du campus des quais, voté par la majorité des étudiants à l'issue d'une assemblée générale animée. Les anti-bloqueurs, peu présents ces dernières semaines aux AG de la fac, bloquée depuis quatre semaines, se sont fortement mobilisés hier matin pour obtenir « la reprise des cours ». « Les bloqueurs ont gagné partiellement. S'ils continuent, ils feront reculer le gouvernement, mais plus en bloquant les facs », a souligné Emmanuel, un autocollant « Non à la violence, non au blocage » collé sur le bras. Un agacement perceptible hier chez une large moitié des 1 000 étudiants réunis en AG malgré la pluie, qui ont fait valoir à coups de banderoles et de sifflements leurs inquiétudes pour la fin de l'année universitaire. « Il faut que ce mouvement s'arrête. C'est indispensable pour vous », a renchérit Michel Guillot, professeur à la faculté de droit et de sciences politiques, soucieux de voir les cours reprendre. « Les années Erasmus nous coûtent cher. Nous dénonçons la précarité mais défendons aussi le droit d'étudier », a insisté un étudiant étranger, à Lyon depuis le début de l'année. Des arguments qui, au terme de trois heures de débats un peu confus, ont réussi à faire pencher les votes en faveur du déblocage, avec 618 pour et 538 contre. Un revers pour les bloqueurs, qui doivent accueillir ce week-end à Lyon la coordination nationale contre le CPE. « Ce n'est pas en rouvrant les facs que nous allons faire reculer le gouvernement », a dénoncé en pleurs Laura, étudiante en droit. Le campus de Bron reste le dernier site universitaire bloqué à Lyon, les étudiants de l'Institut d'études politiques ayant également voté hier pour la reprise des cours.

Elisa Frisullo

La présidence de Lyon-III a répondu hier aux attentes des étudiants anti-CPE, en annonçant que les absences des grévistes ne seraient pas comptabilisées.