lueur d'espoir pour veninov

Elisa Frisullo

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Les 88 salariés licenciés occupent l'usine depuis fin juillet.
Les 88 salariés licenciés occupent l'usine depuis fin juillet. — c. villemain / 20 minutes

Après des mois de bataille, les Veninov veulent encore y croire. Et leur réunion, hier soir à la préfecture du Rhône, ne leur a ôté aucun espoir. Le préfet Jean-François Carenco a en effet annoncé aux 88 anciens salariés de cette entreprise Vénissiane, placée en liquidation judiciaire fin juillet, que deux repreneurs avaient déposé un dossier auprès du tribunal de commerce.

Les ex-salariés dans la rue
« Le groupe autrichien Windhager-Garden, spécialisé dans le matériel de jardinage, est intéressé par la production de toiles cirées de Veninov. Tout comme la société Alven, soutenue par des investisseurs suisses », indique Marie-Thérèse Delaunay, secrétaire générale adjointe à la préfecture. Selon elle, le liquidateur judiciaire de Veninov devrait se prononcer fin septembre sur ces offres de rachat. Rien n'est donc encore joué pour les salariés de la plus vieille entreprise de Vénissieux, mais l'horizon s'éclaircit, après des mois de mobilisation. Hier matin encore, ces derniers, qui occupent l'usine depuis leur licenciement, ont manifesté jusqu'aux Cordeliers pour réclamer la sauvegarde de leur emploi. Et la reprise de leur entreprise, coulée en quelques mois. « Tout est allé très vite, se souvient Serge Bernac (CFDT), agent de maîtrise dans la boîte depuis 17 ans. En juillet 2010, on faisait des heures supplémentaires pour répondre aux commandes ». Mais deux mois plus tard, indique la CGT, l'entreprise a sombré suite « à d'énormes erreurs de gestion » du groupe allemand Alkor Venilia, propriétaire de Veninov. Endettés jusqu'au cou, les dirigeants auraient alors emprunté plus de 9 millions d'euros à Gordon Brother, un fonds d'investissement américain devenu depuis propriétaire des terrains Veninov pour 1 € symbolique. Suspectant un prêt « illégal » accordé par Gordon Brother dans le seul but de récupérer les terrains, le préfet du Rhône a saisi la justice sur ce dossier fin juillet.

enquête

Le tribunal de grande instance de Nanterre a, selon la préfecture du Rhône, saisi la brigade financière concernant le prêt accordé par Gordon Brother à Alkor Venilia.