« Plus de compétences sans budget »

©2006 20 minutes

— 

Interview de Michel Mercier, sénateur et président UDF du conseil général du Rhône, alors que le conseil général doit voter aujourd'hui une hausse de 5 % de sa fiscalité.

Pourquoi augmenter à nouveau la part d'impôts locaux du conseil général ?

L'Etat nous a confié de nouvelles compétences sociales sans nous verser le budget suffisant. L'an dernier nous avions à notre charge 17 000 personnes âgées dépendantes. Cette année, elles sont 3 000 de plus à bénéficier de l'allocation. Et l'Etat ne nous donne pas plus d'argent. Sur ce poste, il y a un déficit de 55 millions d'euros. Autre nouveauté cette année : après le RMI, la prise en charge du handicap...

Les impôts risquent donc de continuer à augmenter...

Oui, dans ce contexte, tous les départements devront augmenter leur pression fiscale. Mais dans le Rhône, elle demeure inférieure à la moyenne. Nous avons la chance d'avoir de bonnes rentrées fiscales grâce aux droits de mutation que nous touchons sur les ventes immobilières. Tant que le marché immobilier reste très actif, on peut limiter la hausse des impôts. Mais la seule façon de l'arrêter serait que les départements récupèrent une partie de la Contribution sociale généralisée (CSG).

Dans ce contexte, est-il raisonnable pour le département de se lancer dans des projets coûteux, tel le Musée des confluences [152 millions d'euros] ?

Le département n'est pas qu'un super bureau d'aide sociale ! La collectivité a des projets forts. Nous financerons ce musée sans recours à la fiscalité, en gérant notre patrimoine différemment. On a déjà vendu nos actions de la Compagnie nationale du Rhône pour 63 millions, nous vendrons la semaine prochaine nos participations dans des sociétés d'autoroute pour 5 millions. Et la location du musée aux entreprises financera son fonctionnement.

Et où en est le projet de tramway Lesly

[Part-Dieu-Saint-Exupéry] ?

Nous attendons des réponses avant de nous lancer. L'autorisation pour les low-cost d'atterrir à Saint-Exupéry doublerait le nombre de ses passagers, par exemple. Nous ignorons encore si le contournement ferroviaire de Lyon par l'aéroport, décidé par l'Etat, nous permettra d'emmener Lesly jusque dans la gare de l'aéroport. Enfin si l'OL décidait de construire son stade à Pusignan, près de l'aéroport, ça changerait la donne...

Où va votre préférence pour le nouveau stade : Vénissieux ou Pusignan ?

C'est à l'OL de choisir. Mais dans les deux cas, cela nous arrange. Les supporteurs prendront le tramway Lesly pour aller à Pusignan. A Vénissieux, le terrain du Puisoz borde le périphérique qui nous appartient. Il y aura dans quelques années un péage sur le boulevard Laurent Bonnevay, ce qui permettra de financer son enfouissement. Alors qu'il y ait du monde qui aille au Puisoz, ça ne me gêne pas.

Recueilli par Frédéric Crouzet