Mobilisation massive contre le CPE

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Démonstration de force réussie à Lyon contre le contrat première embauche. Hier, entre 17 000 personnes selon la police et 35 000 selon les organisateurs ont battu le pavé, sous la pluie, entre la Manufacture des tabacs (8e) et la place Bellecour (2e) pour demander « le retrait du CPE et de la loi sur l'Egalité des chances ». Une mobilisation massive que les organisations syndicales n'avaient plus observée à Lyon depuis la manifestation spontanée du 1er mai 2002, entre les deux tours de l'élection présidentielle. « Espérons que le gouvernement ne jouera pas le jeu du pourrissement, car il serait responsable de tous les débordements », a souligné hier la présidente de l'Unef Lyon, Hélène Pasquier, satisfaite du bon déroulement de la manifestation. Très encadré par la police et les services d'ordre des syndicats, le cortège a rejoint sans aucun débordement le centre de Lyon au rythme des « Y'en a marre de cette société qui vote le chômage et la précarité ». Seules deux personnes, selon la police, ont été interpellées en marge de la manifestation place Bellecour pour jets de projectiles. « Nous assistons à un mouvement de fond qui ne cesse de s'amplifier », a constaté le délégué départemental de l'Unsa Gilbert Debard, en soulignant la forte mobilisation des salariés. Des employés du privé et du public plus nombreux que lors des précédents mouvements devançés par des lycéens et étudiants, toujours aussi revendicatifs. Très présents hier, les étudiants de Lyon-II et de l'IEP ont voté le maintien du blocage de l'université. A Lyon-III, où les cours continuent d'être assurés, l'éventuel blocage de la fac doit être voté jeudi au cours d'un scrutin à bulletin secret organisé sur les quais et à la Manufacture des tabacs.

Elisa Frisullo

Hier, selon le rectorat de Lyon, aucun lycée n'a été bloqué, mais près de 34,5 % des enseignants manquaient à l'appel dans le Rhône.