Habitat et Humanisme se mobilise

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Habitat et Humanisme entre « en résistance ». Pour la première fois depuis sa création à Lyon il y a 20 ans, l'association a manifesté hier publiquement, dans la cour des Voraces (Lyon 1er), pour réclamer le retrait de l'amendement Ollier, voté à l'assemblée nationale dans le cadre de la loi « engagement national pour le logement ». Déposé par un député UMP, il prévoit d'inscrire dans les quotas de 20 % de logement sociaux obligatoires pour les municipalités, les logements achetés grâce à des prêts à taux zéro.

« Comment imaginer que les plus démunis, qui peinent à payer un loyer aidé, achètent un appartement. Les municipalités feront moins d'effort pour construire du logement social et cet amendement va encore pousser les plus pauvres hors des villes », s'insurge le père Bernard Devert, fondateur d'Habitat et Humanisme. Depuis vingt ans, cet ancien promoteur immobilier devenu prêtre, milite pour la mixité sociale urbaine. Grâce à des dons qui permettent de lever des fonds, l'association achète et rénove des logements en centre-ville destinés à des familles en difficulté. Hier, sur les lieux de sa première réhabilitation, Habitat et Humanisme a reçu le soutien d'une centaine de personnes, parmi lesquelles le maire de Lyon et le président de région (PS). Mais aussi de l'UDF. « C'est un amendement malheureux », a indiqué la députée Anne-Marie Comparini. Le texte de Patrick Ollier (UMP) doit être examiné à partir de jeudi par le Sénat.

Frédéric Crouzet

Habitat et Humanisme veut proposer un amendement qui prévoit que les logements «très sociaux» destinés au public en insertion comptent double dans le quota municipal de 20 % fixé par la loi.