Une marche en mémoire de Chaïb Zéhaf

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Un défilé silencieux suivi d'un lâcher de ballons. Environ 600 personnes ont participé hier à Lyon à la marche contre le racisme organisée en mémoire de Chaïb Zéhaf, ce père de famille abattu à la sortie d'un bar par un client ivre et armé, le 4 mars à Oullins. Derrière une banderole « Vérité et justice pour Chaïb », la famille de ce cariste mort à 42 ans était entourée de nombreux élus de gauche (PS, PCF, Verts, PRG...), de militants associatifs (Mrap, Crif, UEJF, Licra, LDH...), de personnalités religieuses comme Kamel Kabtane, recteur de la mosquée, et le cardinal Philippe Barbarin.

« Nous sommes là pour que l'on sache pourquoi un homme a été abattu comme un chien. Il est urgent que la justice fasse toute la lumière sur ce drame. Nous restons vigilants, notamment après les ratés de la justice au début de l'affaire », a lancé Dominique Sopo, président de SOS-Racisme. L'association avait appelé la semaine dernière à ce rassemblement, après que la découverte d'insignes nazis dans l'arsenal du meurtrier présumé a été rendue publique. A l'ouverture de l'enquête, le parquet de Lyon avait écarté le caractère raciste du crime. Quelques jours après le drame, un témoin, retrouvé par la famille, a cependant affirmé avoir entendu des insultes avant les coups de feu. « A présent, la justice fait son travail correctement », se félicite Halim Tiaibi, demi-frère de la victime. Une reconstitution du drame doit avoir lieu fin mai. « Un délai très rapide dans une affaire criminelle », selon les avocats du dossier.

Frédéric Crouzet

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a demandé ce week-end à rencontrer prochainement la famille de Chaïb Zéhaf. Ils ont accepté l'invitation, avec la présence de leur avocat.