Emois après la manif des nationalistes turcs

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 Les réactions s’enchaînent après le rassemblement sous tension d’associations franco-turques samedi aprèsmidi à Lyon. Opposés à la construction du mémorial arménien place Antonin-Poncet (2e), quelque 3 000 nationalistes turcs ont ouvertement brandi, sous les huées de centaines de détracteurs, des panneaux niant le génocide arménien de 1915, pourtant reconnu par la France en 2001. « Le préfet a fait une grave erreur en autorisant ce défilé. Il va falloir
qu’il s’explique », déplorait hier Georges Kepenekian, membre de l’association Mémorial lyonnais du génocide des Arméniens. « La liberté d’expression, ce n’est pas de dire n’importe quoi. La loi a été transgressée », a-t-il poursuivi.
Le cercle Marc-Bloch, association de lutte contre le négationnisme a également tenu à réagir. « Le préfet, fait sans précédent, a autorisé et protégé grâce à sa police une manifestation négationniste de l’extrême droite turque », a déploré l’association, dans un communiqué.
Samedi, les forces de l’ordre ont tenté de disperser, à l’aide de gaz lacrymogènes, les personnes (dont des membres de la communauté arménienne et des manifestants anti-CPE) qui s’opposaient au départ du cortège. « Il était hasardeux de faire côtoyer la fin de la manifestation anti-CPE avec ce rassemblement », a remarqué Jean-Yves Sécheresse, président du groupe PS à la ville de Lyon. Hier, la préfecture assurait qu’«aucun cadre légal ne permettait d’interdire la manifestation».

Carole Bianchi